Faits et événements Une médaille d’honneur pour Mme Jarmila Najbrtova-Lorencova
Mercredi, le Conseiller culturel de l’Ambassade de France à Prague, Jean-Marc Berthon, a remis une médaille d’honneur à Madame Jarmila Najbrtova-Lorencova, ancienne employée de la Bibliothèque française de Prague. La France a ainsi remercié cette femme pour qui son travail de bibliothécaire était aussi un moyen de lutte pour la liberté d’expression.
Jarmila Najbrtova-Lorencova et Jean-Marc Berthon
La remise de la médaille a eu lieu dans l’intimité de l’appartement
de Jarmila Najbrtova dont l’âge ne lui avait pas permis de se rendre à
une cérémonie officielle à l’Institut français de Prague. Le
conseiller culturel Jean-Marc Berthon explique les raisons pour lesquelles
la France a distingué cette femme courageuse :
« Le ministre des Affaires étrangères et européennes français Bernard Kouchner a souhaité remettre cette médaille d’argent du ministère des Affaires étrangères à Mme Najbrtova-Lorencova pour deux raisons. La première, c’est qu’elle a contribué au maintien et au développement des relations culturelles entre la France et la Tchécoslovaquie à un moment extrêmement difficile pour ces relations. Et la deuxième raison, c’est que là où elle était, à la Bibliothèque française de Prague entre 1967 et 1975, elle a oeuvré en faveur de la liberté d’expression. Ce sont deux raisons qui nous ont décidé à lui remettre cette médaille. »
Jarmila Najbrtova-Lorencova
En recevant la médaille, Jarmila Najbrtova n’a pas caché son émotion
tout en gardant sons sens de l’humour :
« Je suis très émue et très honorée et je remercie la France pour toute la beauté qu’elle m’a donnée, la littérature, la culture et la langue que je parle avec tant de difficultés… »
Roselyne Chenu et Jarmila Najbrtova-Lorencova
C’est Roselyne Chenu, ancienne secrétaire générale de la Fondation
pour une entraide intellectuelle européenne, qui a attiré l’attention
des milieux officiels français sur le travail et le courage de Jarmila
Najbrtova :
« Jarmila Najbrtova avait commencé à travailler à la
Bibliothèque
française et avait préparé avec des collègues la réouverture de la
Bibliothèque en avril 1967, si ma mémoire est bonne, la bibliothèque
ayant été fermée sur ordre des autorités tchèques en 1951. Je me suis
rendu compte progressivement combien sa vie devenait de plus en plus
difficile à cause d’interrogatoires de la police et de la situation
dans
la bibliothèque où tant la direction tchèque que certains directeurs
français étaient, pour parler simplement, trouillards et prenaient des
mesures de censure idiotes. Jarmila a eu le courage de sortir certains
livres, certains documents de journaux qui étaient mis sous clé, et de
les faire lire à des lecteurs en qui elle avait confiance, bien entendu,
mais c’était pour elle une volonté de continuer à faire circuler et
la
lecture et la littérature et l’information. (...)
En tant que Française, j’étais honteuse que mon pays ne l’ait jamais remercié officiellement. Je trouvais que ce n’était pas bien du tout, qu’il y avait une sorte d’ingratitude et d’indifférence de la part de la France et c’est pour cela que, depuis le mois de mai dernier, avec l’aide de quelques amis qui ont fait des attestations en sa faveur, nous avons introduit une demande de reconnaissance officielle qu’elle mérite amplement et certainement davantage que d’autres personnes qui ont eu des décorations et des médailles. Jarmila le mérite vraiment parce qu’elle a rendu d’immenses services à la liberté d’esprit et à la culture française. »







