Faits et événements Une équipe tchèque pour restaurer la citadelle d'Erbil
Une équipe tchèque spécialisée dans la recherche sur les vestiges historiques s'attache à la préservation et à la rénovation de l'un des lieux habités les plus anciens au monde : la citadelle d'Erbil, dans le Kurdistan irakien.
La citadelle d'Erbil
Dominant les environs à une trentaine de mètres au-dessus de la plaine, la
citadelle, d'une superficie de dix hectares, est une ville dans la ville.
Ses premiers occupants s'y sont installés au 6e millénaire avant
Jésus-Christ. Depuis, la cité d'Erbil, située dans le Kurdistan autonome,
dans le nord de l'Irak, s'est progressivement étendue sur un plan
circulaire autour de la fortification. Une forteresse qui, lors des
multiples invasions et guerres qui ont marqué l'histoire de la région, a
également servi d'abri à ses habitants. Dans les années 1950, les familles
qui y vivaient depuis des siècles furent expulsées et remplacées par des
réfugiés kurdes fuyant leurs villages bombardés. Mais depuis dix ans, le
monument tombe en ruines. Deux des quatre portes historiques ont ainsi été
détruites.
« Certains des bâtiments les plus importants ont été démolis par exemple par des chars lors du retrait des troupes de Saddam Hussein en 2001, explique Jan Urban, responsable du projet baptisé « Citadela ». Mais plus généralement, la citadelle s'est effondrée de l'intérieur ces quarante dernières années. Plus de 90% des bâtiments ont perdu leurs premiers étages. »
La citadelle d'Erbil
Les experts tchèques, dont les travaux sont en partie financés par le
ministère des Affaires étrangères, ont donc mesuré et dressé une carte de
la citadelle. Ils en ont déjà rénové une première partie qui devrait
servir de centre culturel tchèque dans un proche avenir. Quant aux
archéologues et restaurateurs, ils étudient actuellement la partie la plus
récente, estimant qu'en dessous de celle-ci se trouvent probablement sept
autres couches historiques remontant à l'an 5000 avant J.-C.
Les recherches et la rénovation de la citadelle s'inscrivent dans le cadre de la préservation du patrimoine culturel de l'Irak. Un vaste projet dont l'objectif est d'empêcher une nouvelle dévastation des bâtiments existants, tout d'abord en réparant les murs s'effondrant puis en reconstruisant les sept dernières maisons d'origine restantes. Et ce afin qu'Erbil et sa citadelle retrouvent toute leur richesse historique.





