Un nouveau gouvernement tchèque - pour combien de temps?

Le nouveau gouvernement de centre-droit dirigé par le chef de la droite libérale (ODS) Mirek Topolanek, a été officiellement nommé mardi à Prague par le président Vaclav Klaus, après sept mois de crise politique.

Les 18 membres du nouveau cabinet ont reçu leur investiture officielle mardi matin, au cours d'une cérémonie au Château de Prague, siège de la présidence, retransmise en direct par la télévision publique.

Formé par l'ODS avec le Parti chrétien-démocrate(KDU-CSL) et les Verts(SZ), le nouveau cabinet devra encore obtenir le vote de confiance de la chambre basse du parlement pour exercer son mandat, ce qui est loin d'être gagné. Début octobre, il avait manqué deux voix au gouvernement minoritaire formé alors par Mirek Topolanek pour obtenir la confiance des députés.

Les sociaux-démocrates et les communistes ont d'ores et déjà indiqué qu'ils ne soutiendraient pas ce nouveau gouvernement lors de ce prochain vote de confiance, qui devrait avoir lieu dans les prochains jours, selon les premières déclarations du chef du gouvernement.

La crise politique que connaît le pays depuis les dernières élections législatives n'est donc pas encore terminée. La politologue Vladimira Dvorakova a recours à un mot français pour décrire la situation actuelle :

Photo: CTKPhoto: CTK « Je pense qu'il s'agit d'un 'déjà-vu', j'ai le sentiment que nous avons déjà vu la même scène pendant ces dernières semaines. Mais le Premier ministre a peut-être cette fois quelques atouts dans sa manche - peut-être certains députés transfuges du Parti social-démocrate - parce que ce serait bizarre de tenter à nouveau de former un tel gouvernement sans s'assurer un vote positif d'une majorité de députés. Mais si ce gouvernement obtenait d'aventure cette confiance, il va avoir bien du mal à appliquer un quelconque programme... »

Le prochain épisode du feuilleton politique tchèque, ce sera donc le jour du vote de confiance, précédé sans aucun doute de nouvelles négociations et de nouveaux rebondissements.

Si ce nouveau gouvernement n'obtient pas le soutien d'une majorité de députés, il y aura une troisième tentative pour former un gouvernement. Et si cette troisième tentative n'est toujours pas la bonne, les Tchèques seront de nouveau appelés aux urnes pour des élections anticipées.