Faits et événements Un hommage sudéto-allemand aux victimes du nazisme, à Terezin et à Lidice
Pour la première fois, un hommage aux victimes du nazisme a été rendu, mardi, par un représentant de la Landsmanschaft sudéto-allemande qui a visité la République tchèque. Une information d'Alena Gebertova.
Johann Böhm, photo: Dan Materna (MF Dnes 27.7.2005)
Lidice, commune tchèque écrasée en 1942 par les nazis, Terezin, ancien camp
de concentration, la ville de Usti nad Labem, en Bohême du Nord. Autant de
lieux qu'a visités, ces jours-ci, Johann Böhm, porte-parole de
l'Association des ressortissants sudéto-allemands. « J'avais depuis bien
longtemps l'intention de me rendre à Terezin. J'estime qu'il faut visiter
les camps de concentration, car ils rappellent les événements atroces qui
ne devraient plus jamais se répéter », a-t-il déclaré, après avoir honoré
les victimes de l'occupation nazie. Les médias tchèques soulignent que
jamais auparavant, on n'avait encore vu un représentant des Allemands des
Sudètes visiter Terezin dans lequel des dizaines de milliers de personnes
ont péri pendant la Seconde Guerre mondiale. Et de rappeler à cette
occasion que le Premier ministre bavarois, Edmund Stoiber, a évoqué, il y
a quelques mois, la possibilité de se rendre à Prague, un Allemand des
Sudètes devant faire partie de sa délégation.
La visite de Johann Böhm à Terezin et à Lidice est saluée notamment par le
quotidien MfDnes qui lui réserve une large place. « Il serait pourtant naïf
d'estimer que cette visite puisse fondamentalement changer les relations
particulièrement tendues entre la partie tchèque et la partie
sudéto-allemande », peut-on lire dans ses pages. Le quotidien fait tout de
même remarquer qu'il s'agit d'une bonne démarche et que comme telle doit
également être considérée l'initiative envisagée par le Premier ministre
tchèque, Jiri Paroubek, qui voudrait honorer les antifascistes allemands
qui se sont opposés, sous la République tchécoslovaque, au régime nazi.
« Tout en représentant un geste symbolique, les pas qui ont conduit Johann
Böhm à Lidice et à Terezin sont un geste bienveillant », écrit MfDnes. A la
question de savoir si le public tchèque saura l'apprécier, il répond
pourtant sur un ton pessimiste: « Hélas, je crains que non. Et c'est bien
dommage ».






