Un été studieux à Prague pour 140 apprentis tchécophones

Ils sont venus de partout dans le monde pour passer un mois à apprendre le tchèque. A Prague, c’est à l’Université Charles que les étudiants de l’école d’été d’études slaves, dont les cours ont commencé lundi, sont réunis. Entre deux cours de grammaire et de vocabulaire, Radio Prague est allée à leur rencontre.

Photo: Facebook de l'Ecole d'été d'études slaves à PraguePhoto: Facebook de l'Ecole d'été d'études slaves à Prague Le sérieux est au rendez-vous dans la classe de Marie Poledníková, qui enseigne le tchèque chaque été depuis 25 ans dans les murs de la plus ancienne université d’Europe centrale. Le temps de quatre semaines durant le mois d’août, les étudiants tchèques qui arpentent habituellement ses couloirs sont remplacés par un public beaucoup plus divers.

« Cette année, nous avons 144 étudiants en provenance de trente-sept pays différents. Leur âge est très varié : le plus jeune a 17 ans, tandis que le plus âgé en a 84. Il s’agit surtout d’élèves de l’enseignement supérieur, mais il y a aussi des personnes qui travaillent. »

Photo: Facebook de l'Ecole d'été d'études slaves à PraguePhoto: Facebook de l'Ecole d'été d'études slaves à Prague Markéta Jirkovská est interprète. Pour la première fois cette année, elle assiste les étudiants, parfois un peu perdus, surtout les novices :

« En termes de niveau de maîtrise de la langue, nous avons des débutants comme des locuteurs avancés, dont certains qui parlent déjà très bien le tchèque. Environ la moitié part de zéro. »

Les petits groupes de dix à quinze personnes constitués par niveau permettent aux étudiants de participer activement aux cours. Victoria, originaire du sud de la France, fait partie des débutants. Pas effrayée par la difficulté de la tâche que constitue l’apprentissage de la langue tchèque, elle cherche ici à renouer avec ses racines :

« Mes études n’ont rien à voir avec les langues, je suis en école d’ingénieurs. Je veux apprendre le tchèque parce que ma famille maternelle est tchèque. Malheureusement, ma mère et ma grand-mère n’ont jamais pu m’apprendre le tchèque par elles-mêmes. Si je viens ici, c’est donc pour comprendre mes origines, et aussi parce que je trouve que la République tchèque est à la fois particulièrement belle et profondément différente de la culture d’où je viens. Rien que l’ambiance est totalement différente. »

L’enthousiasme de Victoria est partagé par Marie. La jeune étudiante belge se destinait à l’étude du russe, jusqu’à ce qu’elle découvre la littérature tchèque. C’est la première fois qu’elle est à Prague :

« On m’a toujours dit que Prague était une ville magnifique, mais je voulais le voir pour le croire. C’est une atmosphère très différente de la France, mais il y a aussi toute cette architecture baroque et un éclectisme absolument ahurissant. Dans les petites rues, il y a d’un côté des HLM construits dans les années 1960 et de l’autre de petites maisons avec des ruelles pavées. C’est incroyable. On a l’impression de changer d’endroit tout le temps, d’être à la campagne alors qu’on est dans une énorme ville. Je suis vraiment très contente d’être là ! »

Avec ce séjour en immersion totale, les étudiants ont l’occasion de découvrir l’architecture pragoise et de nombreux autres aspects de la culture tchèque. Si les matins sont réservés aux cours de langue, de multiples ateliers et conférences sont proposés durant les après-midi et soirées. Cuisine, littérature, musique ou encore cinéma tchèque, il y en a pour tous les goûts. Une diversité d’activités qui n’a d’égal que celle des étudiants. La professeure Marie Poledníková a vu les profils de ses élèves évoluer au fil des années :

« Leurs motivations sont différentes. Cela peut être pour les études, la famille ou le travail. Peu de gens venaient pour le travail avant. Il y avait beaucoup de journalistes et des gens de Bruxelles qui travaillaient pour l’Europe. Actuellement, il y a davantage de jeunes gens qui ont des relations familiales, un époux, une épouse. Ils ont un intérêt pour la langue, la littérature, la musique. C’est un peu différent. »

Photo: Facebook de l'Ecole d'été d'études slaves à PraguePhoto: Facebook de l'Ecole d'été d'études slaves à Prague Une évolution qu’illustre Alexandre. Ce Français d’une quarantaine d’années travaille dans le secteur éducatif et profite de ses congés pour améliorer sa maitrise de la langue tchèque :

« Je travaille en France mais ma femme est tchèque. Pouvoir parler tchèque est aussi une nécessité pour moi, car nous allons déménager l’année prochaine en République tchèque, à České Budějovice, dans le sud du pays. Pour chercher du travail, c’est quand même mieux de maitriser la langue. Je parle correctement, je comprends bien, mais je fais énormément de fautes parce que je n’ai pas le temps de travailler de façon très universitaire. Donc, j’ai besoin de venir à l’université d’été. Je suis déjà venu il y a trois ans et là, j’ai eu l’opportunité de revenir. J’ai gardé un peu de vacances pour ça. C’est vraiment un temps important pour moi. »

C’est déjà la 61e édition de l’Ecole d’été d’études slaves à Prague. Une machine bien huilée, qui prévoit notamment un hébergement à la résidence universitaire de Kajetánka.

A la pause-café entre deux cours, quelques étudiants avouent n’avoir pas compris grand-chose au discours introductif du doyen, vendredi dernier. Espérons donc pour eux que ces quatre semaines de cours intensifs leur permettront de comprendre un peu mieux le discours de clôture. Hodně štěstí!