Faits et événements Un enfant tchèque sur dix touché par l'obésité
Un rapport annuel sur la santé de l’OCDE vient de mettre à jour des chiffres inquiétants en ce qui concerne l’obésité infantile en République tchèque. En effet, le rapport de l’Organisation pour la coopération et le développement, qui mesure l’obésité parmi ses membres, soit parmi les pays les plus riches et le plus développés au monde, classe les enfants tchèques en neuvième position.
Photo: Commission europénne
Un enfant tchèque sur dix est obèse ; c’est donc ce que révèle le
rapport de l’OCDE, qui classe sans surprise les Etats-Unis à la
première place, devant le Portugal, l’Espagne et la Grèce.
Si l’obésité, et l’obésité infantile, est un problème de
société et de santé publique qui touche de nombreux pays développés
depuis plusieurs décennies, c’est néanmoins un phénomène relativement
nouveau pour la République tchèque, puisqu’on estime que le nombre
d’enfants obèses se serait multiplié par trois depuis 1991.
Le rapport estime ainsi qu’aujourd’hui 15% des jeunes adolescents
tchèques, entre 11 et 15 ans, luttent contre l’obésité ; un âge
naturellement déterminant pour le développement physique du futur adulte.
Si les facteurs de l’obésité sont nombreux et complexes, ils peuvent même se trouver à l’état fœtal, comme l’explique le docteur Marie Kunešová, endocrinologue et spécialiste de l’obésité :
« C’est un fait que la plupart des maladies, y compris l’obésité,
ont déjà leur base pendant la période de grossesse, pendant la période
fœtale. Quand la mère respecte un bon régime, ce qui est facile pour les
mères parce qu’il s’agit de respecter une bonne hygiène, ce n’est
ni plus simple ni plus compliqué que cela. Mais parfois ce n’est pas
simple et dans tous les cas, la mère doit éviter de prendre trop de
poids. Et également, elle ne doit pas fumer, parce qu’il y a ensuite le
risque que l’enfant naisse avec de l’hypertrophie. »
Une alimentation qui n’est pas équilibré, qui est trop grasse ou trop sucrée, est aussi une des causes les plus communes du développement de l’obésité dans les pays plus riches, mais elle n’est pas la seule. Parfois, il peut y avoir aussi, notamment chez les adolescents, des facteurs psychologiques. Dans le cas tchèque, ce n’est pas la multiplication des fast-foods et de la malbouffe qui est mise en avant par les spécialistes, qui remarquent que ces derniers ne sont pas forcément implantés dans les villes petites ou moyennes où l’obésité se développerait également. Selon eux, c’est plutôt le manque d’activités des enfants qui restent souvent enfermés à la maison et ont perdu l’habitude de sortir et de se dépenser à l’extérieur, parfois par manque d’espaces qui leur est consacré, et aussi à cause du fait que de plus en plus de parents craignent de les laisser sortir seuls. Pour le docteur Bohuslav Procházka, c’est toute la famille qui doit participer au changement de style de vie :
« Chez ces enfants, la seule chose que nous pouvons changer, c’est leur
style de vie. Il est important de changer les activités physiques et
surtout de changer le style de vie de toute la famille car nous savons
qu’un enfant obèse peut trouver le chemin du succès seulement si
c’est une préoccupation de toute la famille. »
Au-delà du regard négatif porté par la société sur les enfants et les adultes obèses, il s’agit avant tout d’un problème de santé puisque les risques de problèmes médicaux sont beaucoup plus nombreux. En grandissant, les garçons obèses sont trois fois plus nombreux que les filles, qui font plus d’efforts pour mincir, mais qui, d’après les statistiques, se rabattent sur un autre problème de santé public, le tabac.







