Faits et événements Un échange de nouveaux-nés à la maternité déchire deux familles
Du jamais vu en République tchèque, du moins d'après le ministère de la Santé ! A la maternité de Trebic, petite ville de Moravie, les employés ont commis une grave erreur : après l'accouchement de deux femmes, ils ont échangé les nouveaux-nés. Comment cela est-il possible alors que le système d'indentification est très rigoureux et pratiquement infaillible ? Quel sera l'avenir des deux petites filles confiées pendant dix longs mois à des personnes qui n'étaient pas leurs parents ?
L'hôpital de Trebic, photo: CTK
Personne à l'hôpital de Trebic n'arrive à s'expliquer comment une telle
erreur a pu se produire. En effet, les nouveaux-nés, après leur naissance
sont immédiatement marqués avec de l'encre indébile, on inscrit leur
prénom
sur la cuisse. Ils reçoivent un bracelet sécurisé avec un numéro et la
mère
reçoit aussi un bracelet avec le même numéro. L'erreur semble impossible,
et pourtant elle a eu lieu à Trebic probablement au mois de décembre
dernier. Ce qui a mis la puce à l'oreille d'un des pères est, qu'au cours
des mois qui ont suivi la naissance de la petite Nikolka, elle lui
ressemblait de moins en moins. La petite était blonde, alors que ses
parents Jaroslava Trojanova et Libor Broza étaient bruns. Libor Broza n'a
pas
hésité longtemps et à fait faire un test ADN par une société privée. Le
résultat du test effectué aux Etats-Unis n'était pas encourageant : il
n'était pas le père biologique de Nikolka ! Cela créa une forte tension au
sein du couple, à tel point que Jaroslava Trojanova demanda aussi une
analyse de son ADN. Résultat ? Elle n'était pas non plus la mère de
Nikolka ! On leur avait donc donné un enfant étranger à la maternité. En quelques
jours, l'hôpital de Trebic a été en mesure d'identifier le couple qui
avait
reçu leur vraie fille. Il était aussi de la région et n'avait aucun doute
sur l'identité de sa fille. La direction de l'hôpital, consciente de la
grave faute de l'établissement, a tout d'abord tenter d'étouffer
l'affaire,
mais sans succès car les médias s'en sont emparé. Jeudi, les deux couples
se sont rencontrés et ont décidé de l'échange des enfants qui devrait
avoir
lieu avant Noël. La Télévision tchèque a rapporté leurs premières
réactions. Libor Broza :
Jaroslava Trojanova et Libor Broza, photo: CTK
« La ressemblance ? Si j'avais vu la petite, je n'aurais vraiment pas
eu
besoin de tests ! »
On pourrait dire « Tout est bien qui finit bien ». Pourtant, Jaroslava Trojanova, redoute quelque peu le nouvel échange, le moment où elle serrera dans ses bras sa véritable fille :
« Je n'arrive pas à me le représenter, c'est quelque chose de terrible, vraiment je ne peux m'imaginer l'instant quand on me donnera ma vraie fille, certes, mais l'autre c'était quand même mon enfant depuis le début. »
Le côté psychologique justement, est certainement très important. Le docteur David Marx, président de l'Association tchèque pour la qualité de la santé, conseille d'ailleurs aux deux couples de passer le plus de temps possible avec leur véritable enfant, avant l'échange. L'un des pères, Libor Broza, ne cache pas qu'il demandera des dommages et intérêts d'un montant de dix millions de couronnes à l'hôpital fautif. Un million pour chaque mois passé sans sa vraie fille. Les milieux judiciaires ne croient pas que sa requête puisse être entendue, du moins en ce qui concerne le montant, mais certains avocats pensent le contraire, car l'affaire pourrait créer un précédent et contraindre les hôpitaux à prendre des mesures plus sévères pour qu'un tel cas ne se répète plus. Pour l'heure, l'hôpital de Trebic se refuse à tout commentaire et la police a ouvert une enquête.








