Faits et événements Un an après la disparition de Jan Kaplický, le projet de la bibliothèque nationale abandonné
Le 14 janvier dernier, un an s’est écoulé depuis la disparition soudaine de l’architecte britannique d’origine tchèque controversé Jan Kaplický. Et c’est presque un an jour pour jour après son décès que le ministre de la Culture remet la question de la bibliothèque nationale sur le tapis, en annonçant que le projet de l’architecte est abandonné.
Le blob, la pieuvre, la méduse... Les images associées au projet
ambitieux de Jan Kaplický sont évocatrices de la forme étonnante que
devait prendre la nouvelle bibliothèque nationale de Prague. Un projet
qui, dès qu’il a remporté l’appel d’offres en 2007, a eu ses
admirateurs et ses détracteurs, en tout cas qui a divisé en deux camps la
société tchèque.
La polémique met alors Jan Kaplický sous le feu des projecteurs, et la République tchèque découvre par la même occasion un peu mieux cet architecte atypique, concepteur de bâtiments futuristes à travers le monde. Un Tchèque qui s’est fait un nom à l’étranger, après son émigration en Grande-Bretagne en 1968, comme le rappelait Zdeněk Lukeš, historien de l’architecture, après son décès :
Jan Kaplický
« Il a fondé un studio, Future Systems. Pendant longtemps, il n’a
reçu que de petites commandes parce que même pour l’Angleterre, son
architecture était assez extravagante. Ce qu’on sait moins, c’est
qu’il a beaucoup travaillé avec la NASA pour laquelle il a réalisé de
nombreux projets. Plus tard, il a réussi à obtenir de plus grands projets
pour lesquels il a reçu des prix prestigieux, comme le bâtiment du club
de cricket à Londres, le grand magasin Selfridges à Birmingham qui a
même servi d’illustration pour des timbres ! »
Pavel Bobek
Ce 14 janvier 2009, lorqu’il s’effondre à l’âge de 71 ans dans une
rue du VIe arrondissement de Prague, Jan Kaplický a pourtant toutes les
raisons de se réjouir puique sa jeune épouse vient d’accoucher d’une
petite fille. Pour son ami, le musicien Pavel Bobek, les deux ans de
bataille autour de la contruction de la bibliothèque réfusée la ville
auront toutefois marqué l’architecte :
« C’est une vraie campagne contre lui qui a été menée pendant deux ans, contre cette personne formidable qui a gagné un appel d’offres d’architecture international. Ils n’ont pas reconnu sa victoire. Pourtant, d’une certaine façon, c’était un patriote. Il était enthousiaste à l’idée de faire quelque chose comme le théâtre national, pour le coup, la bibliothèque nationale. »
En tout cas, aujourd’hui, le projet si controversé semble bel et bien
abandonné. Lundi, le ministre de la Culture, Vaclav Riedelbauch, l’a
annoncé, arguant que le terrain sur Letná, la Bibliothèque nationale ne
pouvait désormais plus l’obtenir, et qu’en tout état de cause, le
prix à débourser serait trop élevé. Quid alors de la bibliothèque qui
doit faire face à un problème de stockage des ouvrages ? Elle a décidé
de revitaliser les locaux du Clementinum qui l’abritent, d’agrandir
son dépôt avec une antennne à Hostivař et d’améliorer la logistique
de tranfert des livres.
En attendant, des initiatives civiques continuent d’œuvrer en faveur du
projet de Jan Kaplický. Et en avril prochain, la réalisatrice Olga
Špátová et la veuve de l’architecte présenteront leur documentaire
consacré à Jan Kaplický, Oko nad Prahou, L’œil au-dessus de Prague,
qui retrace le parcours et la dernière croisade de l’architecte.








