Faits et événements Travail à temps partiel ? Contrat à durée déterminée ? Un risque en République tchèque...
La justice sociale, la discrimination, la crise d'environnement se trouvent parmi les thèmes phares du Forum social européen qui se tient jusqu'au 17 octobre à Londres. Les mêmes sujets ont été débattus, cette semaine, à l'Institut français de Prague, dans le cadre de la manifestation intitulée « Europe en mouvements ».
Photo: Commission européenne
Effectivement, si l'Europe bouge, son marché du
travail et son économie sont aussi en mutation. Comment s'y adapter ? La
flexibilité du marché du travail est une possibilité. Loin d'être un
remède miracle au chômage, elle a, sans doute, des effets bénéfiques pour
l'emploi, notamment pour l'embauche des groupes sociaux défavorisés, comme
l'explique Danica Krause de l'Institut pragois de recherche en matière du
travail et des affaires sociales.
"En République tchèque, la flexibilité se traduit comme un moyen de conclure des contrats de travail atypiques : des CDD, le travail à temps partiel, le 'télétravail' ou le travail via Internet (ces deux activités sont encore rares ici). A en croire les statistiques, de 7 à 8% des Tchèques ont un contrat de travail à durée déterminée. Je crois qu'en réalité, ce chiffre est plus élevé, mais c'est quand même assez peu. Visiblement, les gens ici ont peur de l'incertitude sociale. Quant au travail à temps partiel, il est encore moins prisé : entre 5 et 6% des Tchèques s'y lancent. Voilà ce qui empêche la flexibilité : la législation tchèque protège en premier lieu les employés en CDI et à temps plein. Ceux qui profitent des contrats de travail atypiques sont défavorisés. On espère que progressivement, ce déséquilibre, tant au niveau juridique qu'au niveau des salaires va disparaître."
Photo: Commission européenne
Les Pays-Bas, la Belgique, le Danemark - pays les plus flexibles à
l'échelle européenne, servant d'exemple à la Tchéquie. Mais ici, la
législation devient, tout de même de plus en plus souple en matière
d'emploi : dans le cadre de la Stratégie européenne pour l'emploi, par
exemple, la situation des seniors tchèques sur le marché du travail,
surtout leur accès, à l'aide des sociétés de portage, aux postes de
travail temporaires, devrait s'améliorer. Quels sont les autres groupes de
la population tchèque discriminés à l'embauche ? Danica Krause :
"Je ne sais pas si l'on peut parler de discrimination, mais en tout cas, ce qui désavantage le plus sur le marché du travail tchèque, c'est la multiplication des 'handicaps' : par exemple une mère divorcée et non qualifiée qui a des problèmes de santé se trouve dans une position extrêmement difficile. On ne peut pas comparer, de ce point de vue, des personnes âgées, des femmes ou des diplômés. C'est plutôt la combinaison de plusieurs facteurs néfastes qui met les demandeurs de travail de ces groupes-là en difficultés."






