Faits et événements Traité de Lisbonne : Václav Klaus veut négocier une dérogation avant de ratifier

09-10-2009 16:21 | Alexis Rosenzweig

On s’y attendait avant même de connaître le résultat du référendum irlandais sur le traité de Lisbonne : tous les regards sont désormais tournés vers Prague, où le président, Václav Klaus, continue de faire tant bien que mal de la résistance. Samedi, le président polonais va signer et ainsi achever le processus de ratification à Varsovie. Comme prévu, la République tchèque reste donc le dernier pays de l’UE à ne pas avoir ratifié le traité européen et Václav Klaus vient de poser une nouvelle condition.

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Fredrik Reinfeldt, photo: CTKFredrik Reinfeldt, photo: CTK Difficile de dire jusqu’où Václav Klaus est prêt à aller. En tout cas, celui qui s’est autoproclamé « dissident de l’Europe » est résolu à ne pas se rendre aussi facilement et à faire attendre sa signature aussi longtemps que possible. Jeudi, il a posé une nouvelle condition à cette signature. Au président en exercice de l’Union, le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, il aurait dit par téléphone qu’il souhaitait qu’une « note de bas de page de deux lignes » soit ajoutée dans le traité.

Václav Klaus, qui s’est exprimé vendredi après-midi, a précisé qu'il voulait obtenir une dérogation pour son pays concernant la Charte européenne des droits fondamentaux, une des composantes du traité, à l'image de ce qu'avaient obtenu en 2007 le Royaume-Uni et la Pologne. Pourquoi ? On écoute Vaclav Klaus :

Václav Klaus, photo: CTKVáclav Klaus, photo: CTK « Je suis convaincu que la République tchèque, avant la ratification, devrait négocier ce genre de dérogation. Ainsi nous aurons la garantie que le Traité de Lisbonne ne peut pas par exemple remettre en cause les décrets appelés les décrets Beneš. »

Pour le chef de l'Etat, il s’agit donc de faire en sorte que le dossier des restitutions de biens confisqués après guerre aux termes des décrets Beneš ne soit pas rouvert. Et selon lui « cela peut être réglé très vite ».

La Suède et la France ont dès jeudi réagi plutôt négativement à cette requête du président Klaus, qui attendait déjà une décision de la Cour constitutionnelle tchèque pour signer.

Jerzy Buzek et Václav Klaus, photo: CTKJerzy Buzek et Václav Klaus, photo: CTK Vendredi, le président du Parlement européen était dans la capitale tchèque et selon lui ce nouvel obstacle est un problème tchéco-tchèque, qui doit d’abord être résolu à Prague.

Jerzy Buzek sera samedi à Varsovie pour une cérémonie autour de la signature du traité par le président polonais. Une chose est certaine : si le président Klaus se résout finalement à signer, il ne devrait pas y avoir de cérémonie au Château de Prague.

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