Faits et événements Trabant volantes et trafics de drogues étonnants : quelques histoires inattendues au Musée de la police
A sa collection permanente constitutée d’uniformes portés par les agents de sécurité sous l’Empire austro-hongrois ou de matériel utilisé pour la résolution d’affaires criminelles, le Musée de la police, installé dans le monastère de la Vierge-Marie-et-de-Charlemagne, a ajouté momentanément une exposition sur l’histoire de la lutte anti-drogue dans les pays tchèques depuis la première République. Radio Prague a rencontré Lubomír Kašpar, du Musée de la police tchèque.
Photo: Musée de la police
« Ici est carthographiée toute l’histoire de nos unités de sécurité.
Nous avons trois salles qui présentent l’histoire de la criminalistique
tchèque. Il y a une salle qui présente Interpol parce que notre pays est
le fondateur d’Interpol dans les années 1920. Il y aussi des expositions
sur les armes interdites, sur les consommateurs de drogues, sur la
prostitution à Prague autrefois, qui permettent de comparer avec le temps
présent ce qui est différent et ce qui est semblable. Je pense que chaque
visiteur trouve ici quelque chose qui peut l’intéresser. De plus, nous
avons beaucoup d’experts qui peuvent expliquer aux personnes
intéressées les affaires criminelles qui sont présentées dans
l’exposition ».
Photo: Musée de la police
Le musée dispose également d’une exposition extérieure où l’on
peut découvrir divers véhicules utilisés par les services de police tout
au long de son histoire mais aussi d’autres engins tout à fait
saugrenus. Ayant eu vent de l’existence de sortes de Trabant volantes
utilisées pour voler par delà la frontière du rideau de fer sous le
régime communiste, Radio Prague a demandé au Dr. Kašpar la confirmation
de cette rumeur :
Photo: Musée de la police
« A l’époque du rideau de fer, il était difficile de se rendre à
l’étranger et beaucoup de gens le désirait. De petites mains habiles
tchèques et de petites têtes intelligentes ont alors pu se mettre en
valeur. On a ainsi connaissance de quelqu’un qui s’était fabriqué une
sorte d’appareil volant. Ce n’était pas une Trabant – je dirais
aujourd’hui une sorte d’avion ultra-léger, qui avait été monté avec
un moteur de Trabant, et grâce à cet appareil, cet homme est arrivé à
passer à l’étranger. L’exposition extérieure n’est ouverte
malheureusement que lorsqu’il fait beau, de mars à octobre. Nous y avons
un petit tank qu’une autre personne a construit pour passer la
frontière. Il l’a fabriqué tout seul, à la maison, dans un petit
village. Il voulait traverser la frontière mais malheureusement, il a eu
une panne avant la frontière et il a laissé le petit tank sur place et il
est rentré à la maison. »
Photo: Musée de la police
Le Musée propose actuellement une exposition sur les drogues. Mais les
visiteurs venus chercher des informations précises sur les drogues –
leurs différents types, leurs effets – pourraient être déçus, car, à
part quelques panneaux préventifs, c’est avant tout l’histoire de la
lutte contre les drogues qui est mise en avant. L’exposition commémore
en effet les 80 ans de la fondation de la première centrale pour la lutte
contre le commerce illicite de stupéfiants. La présentation des textes
législatifs relatifs aux stupéfiants permet néanmoins d’éclairer de
façon assez judicieuse l’histoire de la présence des drogues sur le
territoire tchèque depuis le début du XXe siècle.
Photo: Musée de la police
On apprend donc que la Tchécoslovaquie de l’entre-deux-guerres était
une plate-forme importante en Europe pour le trafic et la consommation de
drogues. La seconde guerre mondiale a quasiment fait disparaître les
drogues, ou du moins les différentes routes de trafics qui étaient
établies auparavant. Sous le régime communiste, la Tchécoslovaquie est
devenue plus un pays de transit qu’un pays de destination du trafic de
drogues international. Les drogues consommées étaient souvent des petites
quantités ramenées de voyages à l’étranger pour un usage personnel.
Parallèlement se développaient des ateliers de fabrication de drogues à
base de produits pharmaceutiques. L’infraction pour la consommation ou la
distribution de drogues n’existait pas dans la législation communiste.
Les consommateurs de drogue étaient assimilés à des chômeurs ou à des
déserteurs de l’armée et c’est par ces recours que les policiers
pouvaient les condamner.
Photo: Musée de la police
L’exposition recèle aussi quelques anecdotes assez surprenantes, comme
cette affaire de trafic d’opium entre la Tchécoslovaquie et la Chine :
« Ces célèbres histoires datent de l’époque de la première République, où les policiers de Shanghai se sont rendus compte que des petits paquets d’opium étaient envoyés depuis la Tchécoslovaquie, et pour être précis de la poste de Brno. Il existait ainsi une sorte de petit clan tchèque qui s’était spécialisé dans l’envoi de drogues à Shanghai. C’était dans les années 1920. Aujourd’hui, la situation est complètement inversée. Personne n’aurait idée de distribuer des drogues à Shanghai mais plutôt le contraire, que ce soit Shanghai ou n’importe quel Etat. »
L’exposition sur l’histoire de la lutte anti-drogue se tiendra au Musée de la police jusqu’au 31 octobre 2008.





