Science : les Tchèques développent une hormone artificielle contre l’obésité

Dans une République tchèque où près de la moitié de la population souffre d’une surcharge pondérale voire d’obésité, les chercheurs développent une hormone artificielle qui suscite l’espoir de pouvoir guérir les stades les plus graves de la maladie. Cette hormone « coupe-faim » a été testée avec succès sur des souris et des rats. Une découverte qui intéresse d’ores et déjà des entreprises pharmaceutiques étrangères.

Lenka Maletínská, photo: ÚOCHBLenka Maletínská, photo: ÚOCHB « Voici les souris génétiquement induites obèses et diabétiques. A côté, nous avons des contrôles minces. Sous l’effet des substances que nous leurs administrons, les souris obèses perdent du poids, guérissent de leur diabète et, finalement, ressemblent aux souris minces », explique Lenka Maletínská de l’Institut de chimie organique et de biochimie de l’Académie des Sciences.

Les substances évoquées par la chercheuse sont les versions artificielles de l’hormone peptidique, une hormone créée par le cerveau humain comme par celui de la souris. Responsable notamment de la régulation de la prise alimentaire, cette hormone déclencherait la sensation de satiété. Développé par les scientifiques tchèques, son substitut serait plus stable et pourrait être appliqué sous forme d’injection.

Les prochains tests et recherches devraient aboutir à la mise au point d’un médicament efficace contre l’obésité chez l’homme. Un contrat sur le financement des recherches a été récemment conclu par une entreprise pharmaceutique renommée et le Centre de développement de nouveaux médicaments (Centrum vývoje originálních léčiv – CVOL). Ce dernier regroupe des scientifiques tchèques de différents domaines, parmi lesquels les chercheurs de l’Institut de chimie organique et de biochimie, et permet de faire valoir leurs découvertes sur le marché, comme l’explique le manager du Centre Martin Fusek :

« Si le Centre n’existait pas, les inventions des chercheurs tchèques seraient publiés uniquement sous forme d’ouvrages certes intéressants, mais qui ne vont pas plus loin. »

Photo illustrative: Cocoparisienne / Pixabay, CC0Photo illustrative: Cocoparisienne / Pixabay, CC0 L’Institut de chimie organique et de biochimie peut déjà se targuer de plusieurs réussites à l’international, notamment celle du chimiste Antonín Holý (cf. http://www.radio.cz/fr/rubrique/panorama/sous-le-rideau-de-fer-une-cooperation-tcheco-belge-a-fait-progresser-le-traitement-du-sida). Sa découverte du médicament révolutionnaire dans le traitement du sida, effectuée en collaboration avec ses collègues belges, a été couronnée d’un succès commercial, grâce à sa collaboration avec le laboratoire américain Gilead.

Un défi pour les successeurs d’Antonín Holý qui travaillent actuellement, entre autres, à la suppression des effets indésirables du futur médicament contre l’obésité. Leurs recherches devraient se poursuivre plusieurs années encore.