Sans surprise, Miloš Zeman exprime son soutien au gouvernement Babiš

Ce mercredi, le gouvernement Babiš sollicitait la confiance des députés. Avant cela, le président de la République Miloš Zeman a tenu un discours devant la Chambre basse issue des élections législatives d’octobre dernier. Une allocution dont on savait à l’avance qu’elle allait confirmer l’appui du chef de l’Etat au gouvernement minoritaire formé par Andrej Babiš.

Andrej Babiš, photo: ČTKAndrej Babiš, photo: ČTK Fort de la victoire électorale de son mouvement ANO (plus de 29% des suffrages) et nommé Premier ministre par le président Zeman, en décembre dernier, le milliardaire Andrej Babiš a rapidement constitué un gouvernement minoritaire, composé de ministres ANO et de quelques experts sans appartenance politique. Empêtré dans une affaire de fraude aux subventions européennes (dite l’affaire du Nid de cigognes, cf. http://www.radio.cz/fr/rubrique/faits/le-premier-ministre-tcheque-toujours-sur-la-sellette-apres-le-rapport-de-lolaf), Andrej Babiš a essayé, en vain, de trouver un soutien politique à son cabinet en vue du vote de confiance à la Chambre des députés.

Politologue à l’Université Charles de Prague, Milan Znoj s’explique sur les raisons de cet échec :

« Cette phase d’instabilité politique a commencé à la fin du mandat du précédent gouvernement. Elle est due au fait qu’Andrej Babiš est soupçonné de fraude et poursuivi par la justice. Ce soupçon a déstabilisé l’ancienne coalition gouvernementale. Après les élections, de nombreux partis étaient favorables à la création d’un gouvernement majoritaire, mais sans la présence d’Andrej Babiš, ce qui était inacceptable pour le mouvement ANO. Jusqu’à présent, le Premier ministre a été incapable d’établir un réseau de contacts sur la scène politique, de trouver des partenaires et de nouer des liens positifs. Ce qui dérange, c’est son inculpation, ainsi que certains éléments du programme de son gouvernement. »

Pour le président Miloš Zeman, tout comme pour le mouvement ANO, il n’est pas question d’envisager un gouvernement sans Andrej Babiš. En évoquant, ce mercredi, devant les députés, l’enquête de la police tchèque et des autorités européennes au sujet de l’affaire du Nid de cigognes, le président Zeman a réitéré qu’il respectait le principe de présomption d’innocence à l’égard du Premier ministre.

Miloš Zeman exprime son soutien au gouvernement Babiš, photo: ČTKMiloš Zeman exprime son soutien au gouvernement Babiš, photo: ČTK A la Chambre basse du Parlement, le chef de l’Etat a également soutenu le programme du gouvernement Babiš. Le document met un accent particulier sur le renforcement de la position de la République tchèque au sein de l’Union européenne, qui se traduit d’ailleurs par le refus persistant du système de quotas de relocalisation des réfugiés, ainsi que sur la réforme du système des retraites, et la numérisation de l’administration publique. Un document qui prévoit enfin l’introduction d’une loi sur le référendum, souhaitée par le parti SPD.

Reste à savoir si Andrej Babiš aura l’occasion de mettre en œuvre ses priorités. Il dispose pour cela du soutien sûr et certain du président Zeman. Celui-ci a déjà fait savoir qu’il confierait de nouveau à Andrej Babiš la mission de former un nouveau gouvernement. On écoute Miloš Zeman :

« S’il y a une seconde tentative de formation d’un nouveau gouvernement, je laisserai suffisamment de temps aux négociateurs pour qu’ils puissent trouver un accord sur la création soit d’un gouvernement de coalition, soit d’un gouvernement minoritaire soutenu ou toléré par certains partis représentés au Parlement. »

En quittant la Chambre des députés, Miloš Zeman a toutefois précisé aux journalistes qu’avant de charger à nouveau Andrej Babiš de la formation d’un cabinet, il lui demanderait de trouver au préalable un soutien de 101 députés.