Rentrée 2017 : les étudiants face à un manque de places en cités U

Quelque 730 euros sans charges, tel est, grosso modo, le prix moyen du loyer d’un appartement de 60m² à Prague. Depuis un an, les prix des loyers ont augmenté de pas moins de 20% dans la capitale comme en province. De ce fait, les étudiants sont de plus en plus nombreux à solliciter un logement en résidence universitaire. Or le nombre de places dans les cités U est très limité.

Si obtenir une chambre dans une cité universitaire tchèque n’a jamais été tout à fait facile, la situation devient de plus en plus compliquée, comme l’explique Milan Roček qui gère le site web cenovamapa.org :

Photo: Zdenek Fikar, public domainPhoto: Zdenek Fikar, public domain « Le problème se pose au niveau du nombre de cités U et de la qualité d’hébergement qu’elles proposent. Le nombre d’étudiants a augmenté sensiblement depuis vingt ans, mais on a construit très peu de nouvelles résidences. Logiquement, nous continuerons à assister à un déséquilibre entre l’offre et la demande. »

Selon Jiří Boháček de l’Ecole supérieure technique de Prague, la ČVUT, il faut aussi prendre en considération un autre fait, à savoir l’augmentation progressive du nombre d’étudiants étrangers admis par les universités tchèques. Un tiers des places de la résidence de la ČVUT est actuellement réservée aux étudiants étrangers, acceptés prioritairement tout comme les étudiants tchèques en première année de l’université.

Si les résidences proposent un logement à un tarif abordable (entre 3 000 et 4 000 couronnes, soit entre 115 et 150 euros par mois pour une place dans une chambre simple ou double), elles refusent jusqu’à 80% des demandes à Brno et 70% à Prague, selon un sondage de la société UlovDomov.

C’est aussi l’expérience de Marek, un étudiant d’Olomouc, en Moravie centrale qui a partagé un appartement au centre-ville avec d’autres colocataires. Depuis quelques mois, il peine à trouver un studio à louer à un prix raisonnable :

« Je suis prêt à habiter dans des conditions très simples. Je n’ai pas besoin d’un super appartement rénové. Pour moi, le prix est essentiel. Je passe la plupart du temps à l’école, au travail et à la bibliothèque, souvent, je ne rentre chez moi que pour dormir. Alors je n’ai pas envie de payer des sommes exorbitantes pour un tel logement. »

Plus flexibles que les autorités qui ne prévoient pas la construction de nouvelles résidences universitaires, certaines entreprises et propriétaires d’immeubles proposent aux étudiants un logement dans des bâtiments rénovés, dans des anciens bureaux aménagés en studios ou encore dans de nouvelles résidences privées. Ces dernières se comptent par dizaines dans les plus grandes villes du pays, à Prague et à Brno et affichent, pour la plupart, complet et ce malgré les prix élevés des loyers : le prix d’une chambre y revient à plus de 250 euros par mois.