Rencontre Macron – Visegrád : début d’un dialogue « plus intense » sur les sujets épineux

Emmanuel Macron a rencontré les dirigeants du Groupe de Visegrád (V4 - République tchèque, Slovaquie, Pologne, Hongrie), vendredi matin, en marge du Conseil européen à Bruxelles. A l’issue de la rencontre, le Premier ministre tchèque Bohuslav Sobotka a constaté, avec satisfaction, que la France souhaitait approfondir le dialogue avec les quatre pays d’Europe centrale. Pour cela, les leaders du V4 et le président français se sont mis d’accord sur l’organisation d’une rencontre au sommet à l’automne prochain.

Conseil européen, photo: ČTKConseil européen, photo: ČTK « Nous avons mené un débat très ouvert, en abordant tous les sujets de l’actualité européenne. Qu’il s’agisse des sujets épineux qui nous divisent ou des thèmes sur lesquels nous partageons des positions communes », a déclaré Bohuslav Sobotka. Néanmoins, le Premier ministre a remarqué que cette première rencontre entre le nouveau chef de l’Etat français et les dirigeants du V4 n’a abouti à aucune avancée quant à un éventuel rapprochement sur la politique migratoire de l’UE.

D’après le chef du gouvernement tchèque, le débat a porté notamment sur la disparité importante des revenus et la différence de niveau de vie entre les anciens et nouveaux Etat membres de l’Union européenne. « La politique européenne devrait nous permettre de profiter de toutes les opportunités que nous offre l’Europe et son marché unique », a déclaré Bohuslav Sobotka, après avoir incité Emmanuel Macron à faire pression sur les entreprises françaises installées en République tchèque afin d’augmenter les salaires.

Emmanuel Macron, photo: ČTKEmmanuel Macron, photo: ČTK A Bruxelles, les leaders du V4 ont également discuté du dumping social dans l’Union et de la position de la France qui souhaite durcir les règles encadrant le travail détaché. Cette position déplaît aux pays d’Europe centrale.

Dans une interview publiée jeudi, à la veille du sommet, par huit quotidiens européens, Emmanuel Macron a évoqué cette question controversée du travail détaché en critiquant « certains dirigeants européens qui tournent le dos à l’Europe » et qui « trahissent » par « une approche cynique de l'Union qui servirait à dépenser les crédits sans respecter les valeurs ». « L’Europe n’est pas un supermarché. L’Europe est un destin commun », a souligné le président français qui, en retour, a été critiqué par la Pologne et la Hongrie pour son « antipathie » à l’égard des pays d’Europe centrale.