Faits et événements Recensement 2011 en République tchèque
L’année 2011 est historique en ce qui concerne le recensement de la population européenne. Il concernera en effet les citoyens de l’ensemble des 27 pays membres de l’Union européenne, ce qui permettra de créer des données comparables sur l’UE et sur ses membres. Le recensement de la population concerne toutes les personnes qui se trouvent au moment décisif (dans la nuit du 25 au 26 mars 2011) en République tchèque ou qui bénéficient d’un séjour permanent ou temporaire sur le territoire.
Ce lundi débute donc la distribution de formulaires de recensement par la
Poste tchèque. La collecte des formulaires, qui débutera à partir du 26
mars, sera possible par plusieurs voies : soit par voie postale, soit par
voie électronique via un formulaire sécurisé en ligne ou via une boîte
de données. Il en résulte que même les étrangers qui résident en
République tchèque ou qui séjourneront ici en tant que touristes
devraient y participer. Ceux qui ne parlent pas tchèque auront à leur
disposition des formulaires d’appui légendés en huit langues : anglais,
français, russe, vietnamien, allemand, polonais, ukrainien et romani. Les
étrangers se trouvant au moment du recensement dans les hôtels, dans les
résidences de tourisme ou partout ailleurs en République tchèque à
l’occasion de leur séjour rempliront des formulaires qui se limitent à
six questions.
Face à cet événement de grande ampleur, il existe un mouvement de
résistance composé de quelques milliers de citoyens qui s’organisent à
l’aide d’un groupe sur internet. Ils refusent le recensement pour
plusieurs raisons : ils ne voient pas l’utilité d’un tel recensement
car l’Etat aurait les moyens de connaître le décompte de la population
grâce à des données en sa possession qui n’exigent pas d’envoyer un
formulaire à tout le monde. Ils ne pensent pas que l’Etat fonctionnera
de manière plus effective simplement parce qu’il sait combien il existe
de citoyens. Ils ne sont également pas d’accord avec le fait que le
recensement soit obligatoire et qu’il coûte 2,5 milliards de couronnes
aux contribuables tchèques. Ils pensent enfin que ce recensement est
imposé par l’Union européenne et qu’il fait partie d’un système
bureaucratique inutile.
Petr Mach
Le chef du Parti des citoyens libres, Petr Mach, nous explique son soutien
à ceux qui refusent le recensement :
« Nous pensons que ce recensement est une dépense inutile. Nous refusons
en fait tout système d’économie planifiée et l’Etat n’a pas à
connaître le détail des données relatives aux citoyens. L’argent du
contribuable est dépensé de façon inutile. »
Stanislav Drápal, vice-président de l’Office tchèque de la statistique, insiste sur l’importance du recensement et met en garde ceux qui seraient tentés de ne pas jouer le jeu :
Stanislav Drápal
« Il est impératif pour nous de collecter toutes les données. Au cas
où les personnes refuseraient activement de collaborer, nous serions
obligés de les dénoncer aux autorités. La collecte de données a
toujours été obligatoire dans ce pays. J’ajoute que c’est une
pratique universelle. »
Les personnes qui refuseraient de remplir le formulaire des autorités risquent en effet de payer une amende pouvant s’élever jusqu’à 10 000 couronnes. Les personnes concernées par le recensement ont jusqu’au 14 avril pour remplir leurs obligations.







