Faits et événements Quelques grands moments du festival Printemps de Prague
Tous les ans, au mois de mai, Prague devient pour trois semaines royaume de la musique. Ces jours-ci le festival Printemps de Prague bat son plein et les mélomanes ont l'embarras du choix. Nous allons quand même faire le tri pour évoquer quelques excellents concerts programmés au festival ces derniers jours.
Photo: Ivan Maly, www.festival.cz
C'est la première tchèque de la VIIIe symphonie de Krzysztof Penderecki
qui
a été sans doute l'événement le plus attendu, ce dimanche, par le public
du
festival. Le compositeur considéré comme un classique de la musique
moderne
a créé cette oeuvre en 2004. La composition monumentale est intitulée « Les chants de la fugacité ». Inspirée par les vers de poètes allemands sur
les arbres, elle évoque les grands thèmes philosophiques, la vie, la mort
et Dieu. L'oeuvre exécutée par l'Orchestre symphonique de la ville de
Prague sous la direction de Tadeusz Strugala et a été chaleureusement
accueillie par le public.
La deuxième semaine du Printemps due Prague a commencé, ce lundi, avec le même orchestre placé sous la direction du grand connaisseur de la musique tchèque Sir Charles Mackerras. Cette fois-ci le maestro a proposé au public pragois tout d'abord la musique britannique, deux oeuvres d'Edward Elgar, et la fin de la soirée a été réservée à la Messe glagolithique, oeuvre de Leos Janacek qui avait révolutionné la musique sacrée au début du XXe siècle.
Collegium 1704, photo: Zdenek Chrapek, www.festival.cz
Le programme de mardi avait de quoi satisfaire les amateurs de musique
ancienne. L'ensemble Collegium 1704 a présenté dans la grande salle du
Rudofinum deux oeuvres sacrées, un psaume et une messe, du compositeur
baroque tchèque Jan Dismas Zelenka. L'ensemble a été dirigé par Vaclav
Luks, musicien qui se profile comme un excellent connaisseur et interprète
de la musique baroque. Son ensemble Collegium 1704 se présentera cet été
en
France, au festival de Sablé.
Parmi les beaux moments du festival il y a eu le récital de la pianiste
Jitka Cechova. C'est une habituée du festival depuis 2001, lorsqu'elle a
remplacé au pied levé le pianiste américain Tsimon Barto et a remporté un
joli succès dans le concerto pour piano d'Edward Grieg.
Jitka Cechova, photo: Zdenek Chrapek, www.festival.czPar la suite elle
y a joué avec le trio Smetana et y a donné aussi deux récitals. Le dernier
en date a été complètement consacré à l'oeuvre pianistique de Bedrich
Smetana :
« Quand on dit Smetana dans le milieu tchèque, remarque la pianiste, tout le monde s'imagine qu'il n'écrivait que de la musique influencée par ses convictions nationales en utilisant des thèmes et des chansons populaires tchèques. Mais ce n'est pas tout à fait vrai. En pénétrant plus profondément dans son oeuvre, j'ai découvert des mondes inconnus plus proches de Schumann et de Chopin. On y voit l'enthousiasme de Smetana pour ses compositeurs, on voit qu'il aimait et étudiait leurs oeuvres. »
Jitka Cechova devient peu à peu l'interprète privilégiée des oeuvres de Smetana. Actuellement elle enregistre pour Supraphon l'intégrale de ses compositions pour piano.





