Přibice, un des endroits en Tchéquie les plus affectés par la sécheresse

Přibice est un village d’un millier d’habitants situé à mi-chemin entre la ville de Brno et la frontière tchéco-autrichienne, dans l’extrême sud de la Moravie. Un village où poussent des figues et où des palmiers bordent le chemin qui mène à l’église. Mais cette belle région viticole réputée pour son passé préhistorique et ses beautés naturelles, est un des endroits en Tchéquie les plus touchés par la sécheresse. Reportage.

Un jardin à Přibice, photo: Miroslav EffenbergerUn jardin à Přibice, photo: Miroslav Effenberger Aloisie cultive tomates, poivrons, fraises, concombres ou encore pommes-de-terres dans son potager. Si cette jeune retraitée admet que le climat a toujours été chaud et sec dans la région, où le mercure dépasse régulièrement les 35 °C, elle constate aussi que 2017 a été une année exceptionnelle :

« Entretenir un jardin ici demande de plus en plus de travail : il faut l’arroser matin et soir, le protéger du soleil. Il pleut vraiment très peu cette année et la sécheresse dure longtemps, depuis le mois de mai. »

Tout comme Aloisie, son voisin Jiří utilise l’eau de la petite rivière Jihlava qui borde sa propriété pour arroser son potager :

« Même si nous arrosions deux fois par jour, cela ne servirait à rien cette année. La terre craquelée absorbe l’eau immédiatement. Elle semble humide, mais cela n’a aucun effet. Nous avons déjà connu une telle sécheresse il y a deux ans. Je m’occupe de mon jardin depuis trente ans environ et j’observe que ces chaleurs torrides sont de plus en plus fréquentes. En juin déjà, l’herbe était brulée par le soleil. C’est quelque chose que je n’ai encore jamais vu, tout comme le maïs qui ne dépasse pas les 40 centimètres. Quand il pleut ici, ce n’est jamais que 3 ou 4 millimètres de précipitations. Si mes mesures sont correctes, 120 millimètres de pluie sont tombés ici en juillet 2016, alors que ce n’était que 49 millimètres cette année. »

Si les agriculteurs de Přibice se plaignent des très mauvaises récoltes de blé, de maïs et de pommes-de-terres notamment, le village n’est heureusement pas menacé par une pénurie d’eau potable. La sécheresse pose toutefois de sérieux problèmes au maire Miroslav Effenberger :

Miroslav Effenberger, photo: Archives de la comunne de PřibiceMiroslav Effenberger, photo: Archives de la comunne de Přibice « Nous arrosons les espaces verts de la commune plusieurs fois par semaine avec les eaux usées recyclées. Mais de nombreux arbres sont morts à cause de la sécheresse. Un autre problème se pose au niveau des puits : même ceux qui ont 9 mètres de profondeur sont déjà secs. Nous les approfondissons chaque année, mais cela ne suffit pas. C’est la même chose pour les étangs du village qui sont pratiquement tous à sec. Quand j’étais petit, nous pouvions encore pêcher à Přibice, se baigner ou patiner en hiver. Ce n’est plus possible, nous n’avons désormais plus aucune surface d’eau. »

Tout comme les propriétaires de potagers à Přibice, le maire du village s’est tourné ces derniers temps vers la culture de la figue. La récolte y est tellement bonne que l’on y distille même une eau-de-vie à base de ce fruit. Eh oui, nous sommes en Moravie… Miroslav Effenberger :

« On fait de tout à base de figues, surtout de la confiture, bien sûr. A cette période-là de l’année, vous pouvez même voir des vendeurs de figues sur le bord des routes. Les figuiers se portent bien ici et on en trouve presque dans tous les jardins. Ce n’est pas le cas des autres plantes et arbres méditerranéens : ils ne supportent pas les gels printaniers qui ont causé, cette année, de sérieux ravages à Přibice. »