Faits et événements Présidentielle en Slovaquie : pas de comeback redouté du "zombie politique" Meciar, mais victoire de "l'outsider" Gasparovic

19-04-2004 | Magdalena Segertová

Depuis ce week-end, la Slovaquie a un nouveau Président. A la surprise générale, Ivan Gasparovic, 63 ans, a largement devancé, au second tour de la présidentielle, son rival Vladimir Meciar, faisant pourtant figure de grand favori. Entre deux maux, les Slovaques ont choisi le moindre, constatent à l'unisson les commentateurs tchèques...

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Le nouveau Président Ivan Gasparovic, photo: CTKLe nouveau Président Ivan Gasparovic, photo: CTK L'ancien président du Parlement et l'actuel professeur de droit Ivan Gasparovic a recueilli près de 60% des suffrages contre 40% pour l'ex-Premier ministre slovaque et l'heureux vainqueur du premier tour Vladimir Meciar. Logiquement, la déconfiture de l'ancien chef autoritaire du cabinet, que les politologues et journalistes des deux côtés de la frontière tchéco-slovaque étiquettent comme "le symbole du mal", " le manipulateur" ou celui qui incarne "tous les problèmes de la Slovaquie et son déficit démocratique", devrait déclencher une vague de joie. Mais à Bratislava comme à Prague, on n'a poussé qu'un faible soupir de soulagement. Car si Meciar a réussi, dans les années 1990, à plonger son pays dans l'isolement international en le laissant en périphérie de l'Europe, son bras droit et vieux complice d'alors, Ivan Gasparovic, y a fortement participé. Michaela Prokopova du quotidien Mlada fronta Dnes résume : "Les deux hommes sont liés à un chapitre de l'histoire slovaque qui ne sera pas écrit, dans les manuels scolaires, en lettres roses : atteintes à la Constitution, privatisation opaque, abus de services secrets..." Petruska Sustrova se souvient, dans les pages de Lidove noviny, des propos vulgaires de Meciar à l'adresse de ses opposants, et de ses attaques physiques contre les journalistes. Elle le qualifie de "gredin" et Ivan Gasparovic de "gredin aux gants". "Qui est le meilleur?", demande la journaliste, non sans amertume.

La presse tchèque donne au nouveau Président un point de plus : contrairement à Meciar, il a su, au moins, s'excuser des erreurs du passé. Cet homme à la moustache grise, fana de sport, selon certains superficiel et sans vision politique concrète, mais soutenu par le parti populiste slovaque SMER, se veut être désormais "un homme du peuple". A l'instar, peut-être, de son homologue tchèque, Vaclav Klaus qui, lui, espère l'accueillir très bientôt au Château de Prague. L'ex-Président Vaclav Havel est, dans sa réaction, beaucoup plus réticent : "J'ai toujours cru au potentiel démocratique des Slovaques et j'espère qu'ils sauront s'accommoder de la nouvelle situation", a-t-il déclaré. Ivan Gasparovic, alias "monsieur inconnu", représentant de la "zone grise", l'un des "vieux oncles" de la scène politique slovaque, comme le décrivent ses voisins tchèques, entrera en fonction le 15 juin prochain.

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