Faits et événements Présidences de l'UE: Français, Tchèques et Suédois accordent leurs violons
La France, la République tchèque et la Suède se sont mises d'accord sur le programme de leurs trois présidences successives de l'UE, à partir du mois de juillet. C'est ce qu'ont annoncé mardi le vice Premier-ministre tchèque en charge des affaires européennes Alexandr Vondra, le secrétaire d'Etat français Jean-Pierre Jouyet et la ministre suédoise Cecilia Malmström lors d'une conférence de presse commune à Prague.
Bernard Kouchner, photo: CTK
Le programme commun n'a pas été rendu public, il doit encore être
validé par les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept, le 16
juin prochain. Autant que la mise en place des réformes
institutionnelles,
l'énergie et le climat, la compétitivité et la politique d'immigration
figurent parmi les grandes priorités communes que Paris, Prague et
Stockholm ont défini pour les prochains dix-huit mois dans ce protocole
d'accord. Bien plus qu’un protocole, pour le chef de la
diplomatie française, Bernard Kouchner, également présent à Prague ce
mardi :
Jean-Pierre Jouyet, Alexandr Vondra, Cecilia Malmström, photo: CTK
« C’est un document avec plus de 70 pages pour voir quelles
seraient
les continuités entre les projets des Français, des Tchèques et des
Suédois sur 18 mois. C’est un énorme travail qui a été fait par les
ministres de l’Europe, et nous espérons qu’on s’intéressera à
cette continuité. C’est toujours rébarbatif qu’il y ait des séries
de chapitres qu’on ouvre, etc. C’est ça qui rebute un peu par rapport
à l’Europe, alors que les décisions sont importantes et que la
traduction de ces décisions dans la vie quotidienne des gens sera, je le
pense, une part importante de leur vie. C’est bien de renouer avec cette
tradition des trois présidences qui se succèdent. »
Est-ce qu’on peut parler d’une 'ouverture vers l’Est' ? Le Vice-premier ministre tchèque Alexandr Vondra a parlé d’une 'ouverture vers l’Est' après une 'année méditerranéenne'...
« L’année n’a pas encore été méditerranéenne, elle le sera. On a parlé de la Méditerranée, là on parle de l’Est, c’est très bien, ça se complète et il n’est pas question de refuser une ouverture vers l’Est. Mais entre le dire et le faire, il y a beaucoup de choses. Rien n’a été fait, sauf la préparation politique, pour la Méditerranée et je pense que pour l’Est ce sera plus facile, mais après il faut des projets, de l’argent... »
Ça veut dire quoi exactement ‘une ouverture vers l’Est’ ?
Nicolas Sarkozy, photo: CTK
« Ça veut dire un certain nombre de pays... d’abord les pays qui
existent, certainement les Balkans et puis l’Ukraine, la Géorgie etc.
Nous devons nous en préoccuper autant – peut-être pas de la même
façon – que les pays de la Méditerranée. La Méditerranée est un
pont
entre deux civilisations. Cela n’est pas vrai pour l’Est, mais s’en
préoccuper me paraît tout à fait juste. »
Dans le même temps, la France a annoncé qu’elle allait ouvrir totalement dès le 1er juillet son marché du travail à huit pays post-communistes, dont la République tchèque, entrés dans l'Union européenne en 2004. C’est ce qu’a déclaré mercredi le président français Nicolas Sarkozy lors d'une visite à Varsovie.
Vladimír Špidla
La Commission européenne s'est immédiatement félicitée de la décision
de la France d'ouvrir son marché du travail. "C'est de bon
augure
pour la présidence française, je m'en félicite. La décision est basée
sur la réalité du marché du travail: les plombiers polonais ne sont pas
venus en France", a souligné l'eurocommissaire tchèque au
Travail
Vladimír Špidla.
Rappelant que "la plupart des pays avaient déjà ouvert leur marché du travail", M. Špidla a estimé qu'il s'agissait d' « un pas important pour la France » qui va selon lui inspirer d’autres pays.






