Faits et événements Présidence tchèque de l’UE : nouveau spot et nouveau slogan ambivalent
La République tchèque succèdera à la France à la présidence du Conseil européen à partir du 1er janvier prochain. A quatre mois de l’échéance, le Premier ministre, Mirek Topolánek, et son ministre chargée des Affaires européennes, Alexandr Vondra, ont présenté ce jeudi la nouvelle campagne d’information, spot publicitaire et slogan à l’appui.
Il s’agit d’une campagne nationale, donc destinée au public tchèque.
Tant mieux, parce que la traduction du slogan de cette nouvelle campagne
d’information sur la présidence européenne est loin d’être facile,
la formule ayant un double sens.
« Evropě to osladíme » peut en effet vouloir dire à peu près « Nous allons adoucir - ou sucrer - les choses pour l’Europe », mais cela peut surtout signifier exactement le contraire, quelque chose comme « Nous allons en faire baver à l’Europe ». Cette ambiguïté semble avoir été souhaitée, Mirek Topolánek ayant précisé qu’il s’agissait d’un « défi ».
Au delà des mots et de leur double-sens, un spot vidéo réalisé par
Alice Nellis, avec en fond sonore l’Hymne à la joie, et autour d’une
table plusieurs personnalités tchèques connues et reconnues dans le
monde, présentées par le chef du gouvernement :
« L’architecte Eva Jiřičná, mondialement connue, grande
personnalité. La danseuse étoile Daria Klimentová, du ballet de Londres.
Celui qui a découvert un médicament contre le cancer, Antonin Holý.
Tereza Maxová, qui n’est pas seulement un mannequin. Jaromír Jágr, un
nom admiré en Russie, aux Etats-Unis, au Canada et en Europe. Petr Čech,
et enfin le chef d’orchestre Libor Pešek. Beaucoup d’autres auraient
pu en faire partie, comme Tomáš Baťa, qui vient de nous quitter, ou
Miloš Forman. Et puis nous avons rajouté un élément anonyme, le morceau
de sucre. »
Pourquoi le morceau de sucre ? Parce que c’est une invention tchèque, en tout cas il a été inventé dans le sud du pays, à Dačice. On ne sait pas encore si le sucre figurera sur le logo de la présidence tchèque, celui-ci ne sera dévoilé que plus tard.
11 millions de couronnes ont été dépensées pour cette nouvelle
campagne. Le principal slogan de la République tchèque, plus facile à
traduire cette fois, reste « L’Europe sans barrières ». Prague a
l’ambition de remplir son rôle du mieux possible, mais le ministre
Vondra se veut en même temps réaliste :
« Il faut être conscient que la période pendant laquelle nous allons
assurer la présidence ne sera pas facile du tout : en juin il y aura les
élections européennes, l’actuelle législature européenne et le mandat
de la Commission européenne vont prendre fin. Donc il faut être
réaliste, on ne peut pas attendre de grande réforme ni de révolution. »
Pas de révolution donc, mais un événement historique à la signification aussi importante pour le pays, selon le chef du gouvernement, que le règne de Charles IV ou que la présidence de la SDN, assurée pendant un an par Edvard Beneš.








