Première condamnation ferme d'un skinhead tchèque

Une première, dans la répression des actes de membres de mouvements d'extrême-droite. Un skinhead vient d'être condamné à sept ans de prison ferme. Alain Slivinsky.

Frantisek Sobek (Photo: CTK)Frantisek Sobek (Photo: CTK) Frantisek Sobek est bien connu des forces de police : il est un des plus agressifs et plus dangereux skinheads tchèques. Le tribunal de Prague 1 vient de l'envoyer sous les verrous pour sept ans. Ce n'est pas la première fois que Sobek avait affaire à la justice. D'ailleurs, il a comparu devant le juge les menottes aux mains, sorti de sa cellule où il a été incarcéré pour avoir ignoré plusieurs convocations au tribunal. Pourquoi sept années derrière les barreaux ? Pour coups et blessures volontaires, non pas lors d'une manifestation du mouvement d'extrême-droite, La Résistance nationale, dont Sobek est membre de longue date, mais lors des célébrations du titre de champions du monde des joueurs de hockey sur glace tchèques, en 1999. Sobek a été reconnu coupable d'avoir attaqué et brutalisé, sauvagement, trois personnes : un homme et un couple dont la jeune femme était enceinte de huit mois. Comme nous le disions, ce n'était pas la première fois que ce skinhead avait maille à partir avec la justice, mais, jusqu'à maintenant, tous ses actes avaient seulement été passibles de peines avec sursis. Au pire, il avait été condamné à effectuer des travaux d'intérêt public. Cette fois-ci, Mme le juge Vera Bartova décida que s'en était trop et a demandé sept ans de réclusion pour le skinhead agressif, deux ans de plus, même, que le procureur. Dans son réquisitoire, elle a déclaré :

 « Par sa manière de vivre, il démontre que les peines infligées, jusqu'à maintenant, n'ont pas eu l'effet désiré. Je peux affirmer que son agressivité et sa brutalité augmentent. La peine requise répond, pleinement, au degré de danger pour la société, représenté par sa conduite ».

Réaction du condamné : aucun regret, une indifférence totale, le refus de l'évidence et des preuves avancées par l'accusation, même d'un reportage vidéo diffusé par la Télévision tchèque, qui le montre en pleine action. Le verdict prononcé, l'avocat de la défense a déclaré qu'il portait, immédiatement, l'affaire en appel. Il semble bien que la justice tchèque ait décidé de ne plus pardonner les excès des extrémistes et, peut-être, de faire un exemple avec un récidiviste notoire, dans les actes de violence.