Faits et événements Précédent dans une affaire de plagiat d’une chanson
C’est la première fois que la justice tchèque a dû se prononcer sur la plainte d’un auteur compositeur contre un autre compositeur à propos de deux chansons de rock. C’est aussi la première fois qu’elle a rendu un jugement qui pourrait bien devenir un précédent, bien qu’il soit assez équivoque.
Support Lesbiens
La plainte a été déposée par le compositeur Jan Kalousek qui accusait
l’ancien guitariste d’un célèbre groupe du rock tchèque, Support
Lesbiens, Jaromír Helešic, d’avoir utilisé plusieurs mesures de sa
chanson « Chodím ulicí » (Je marche dans la rue), qui avait été un
tube un certain temps, dans le refrain de la chanson « In Da Yard »
sortie dix ans plus tard. La procédure judiciaire a duré 17 mois et, en
fin de compte, la Cour municipale de Prague a prononcé son jugement mardi
: les deux chansons sont des œuvres d’auteur, Jaromír Helešic a bien
utilisé deux mesures de la chanson de Jan Kalousek, deux autres mesures
sont presque identiques et trois sont semblables. Helešic devra payer 200
000 couronnes (8 000 euros) de dommages et intérêts à Kalousek.
Jaromír Helešic
La cour n’a pas retenu l’argument d’un spécialiste en musique pop,
Jaroslav Šťastný, de l’Académie Janáček de Brno, selon lequel cette
musique est banale, répète constamment quelques idées en matière de
composition et que, donc, il ne peut être question de droits d’auteurs.
A ce propos, le juge Martin Valehrach a indiqué que s’il tenait compte
de cet argument, tous les auteurs de chansons et de musique pop devraient
rendre leurs honoraires. Pourtant, Milan Zelenka, de l’Académie de
musique de Prague, rejoint son collègue de Brno en déclarant :
« Ce n’est réellement qu’une banalité. Je ne comprends vraiment pas. Il ne s’agit de rien du tout en vérité. Il ne s’agit réellement que d’une mesure que, par le fait du hasard, tous deux ont rythmée de la même manière. »
Jan Kalousek, photo: www.kalousek.cz
Jan Kalousek était on ne peut plus satisfait en sortant du tribunal,
alors que Jaromír Helešic déclarait ne quoi savoir penser. L’affaire
pourrait connaître un rebondissement dans le cas où ce dernier ferait
appel. Elle crée un précédent dans l’histoire de la justice et du rock
tchèque, mais en se terminant, pour l’instant, par un paradoxe : « In
Da Yard » du groupe Support Lesbiens peut toujours être diffusée et les
droits d’auteurs seront payés à Helešic. En effet, le juge a refusé
l’interdiction de diffusion, du fait que cela porterait atteinte aux
droits de l’auteur des paroles, le chanteur du groupe Kryštof Michal. A
vous de juger maintenant : voici les refrains des deux chansons.








