Faits et événements Prague ville fantôme
Les résultats du dernier recensement de la population de mars 2001 sont enfin disponibles depuis quelques jours et certains d'entre eux ne manquent nullement d'intérêt. A l'image de celui révélant au grand jour la tendance des Pragois à déserter leur ville. Une tendance qui n'est pas sans conséquence sur le marché immobilier de la capitale tchèque.
Bien que Prague reste évidemment, et même de très loin, la ville tchèque ayant la population la plus importante, c'est aussi celle qui, entre 1991 et 2001, aura perdu le plus d'habitants, près de 80 000. Si, comme dans le reste du pays, le nombre d'enfants est en baisse, celui des retraités l'est également. Un constat de prime abord quelque peu paradoxal, mais qui trouve une explication avec la cherté de la vie dans la capitale tchèque. On savait déjà que les jeunes couples, entre autres pour raisons économiques, retardaient la naissance de leur premier enfant et hésitaient devant la mise au monde de petits frères et petites s'urs. On semble, en revanche, avoir découvert avec une surprise non-feinte, que les retraités faisaient, eux, de plus en plus, le choix de déménager et de quitter la métropole, principalement pour la campagne de la Bohême centrale. Le centre-ville, où se concentrent restaurants et commerces en tout genre, pour avoir sacrifié une partie de son âme sur l'autel du tourisme et du gain à tout prix, souffre certainement le plus de cette désertification.
Une réalité qui a permis de constater que près de 50 000 appartements restaient inhabités. Une situation scandaleuse eu égard aux prix élevés en cours sur le marché immobilier et les difficultés rencontrés par les Pragois pour trouver un endroit où habiter. Si les maires des divers arrondissements se défendent en affirmant ne pas posséder de tels appartements, les propriétaires privés, de leur côté, ne cachent pas que, par peur de voir les locataires ne pas verser régulièrement leurs loyers, ils préfèrent tout simplement garder leurs appartements inoccupés. Et ce, plusieurs mois, voire parfois même plusieurs années. Un problème accentué par une juridiction qui ne donne guère de moyens de se défendre aux propriétaires lorsque les locataires cessent de payer. Résultat, sur un total de 500 000 appartements, un dixième reste totalement vide, alors qu'il en manque et que les prix ne cessent de grimper...







