Faits et événements Prague 4 : la guerre contre le bruit est déclarée !
Prague romantique ? Une ville verte agréable à vivre ? Et si cette image flatteuse de la cité vltavine, tirée des guides touristiques, ne correspondait plus vraiment à la réalité quotidienne ? Et pour cause : près de 3000 habitants du quatrième arrondissement, dérangés par le bruit de la « prazska magistrala », une voie rapide de la capitale, viennent de porter plainte contre la municipalité de Prague. Ils lui reprochent de rester sourde, depuis plus de dix ans, à leurs appels. Une affaire juridique sans précédent en République tchèque...
Cela fait un drôle d'effet quand on y passe pour la première fois... Une « autoroute » particulière qui traverse le centre-ville, la fameuse place
Venceslas par exemple, à quelque pas seulement du bâtiment historique du
Musée national. Une voie rapide, construite en pleine période communiste,
qui relie le nord et le sud de la capitale et dont le bruit rend furieux
les habitants des quartiers de Michle, Pankrac et Nusle. Cela fait treize
ans qu'ils militent pour une meilleure qualité de vie, mais du côté de la
mairie, les choses ne bougent pas.
« Les études des experts élaborés à notre initiative démontrent que le
bruit de la circulation dépasse de 15 dB les valeurs limites d'exposition,
ce qui est énorme », s'indigne le juriste Frantisek Korbel, candidat des
Verts au nouveau gouvernement, qui représente, devant la justice, les
auteurs de la plainte. Ces derniers ont par ailleurs créé une association
civique au nom éloquent « Les citoyens contre la voie rapide nord-sud de
Prague ». Ils réclament auprès des autorités pragoises l'installation de
vitres anti-bruit dans leurs foyers, et leur proposent une série de
mesures : par exemple, la construction d'un tunnel en verre (il existe
déjà dans le quartier de Repy), l'introduction d'un système de péage sur
le pont de Nusle, ou encore une limitation de vitesse.
Le maire Pavel BemConscient du fait
qu'il faut « améliorer la qualité de vie des citoyens », le maire Pavel
Bem recommande aux Pragois « d'être patients et d'attendre que la
construction du réseau de périphériques pragois soit achevée ». Mais les
militants anti-bruit de Prague 4 craignent qu'au contraire la situation
n'empire avec le temps : ils voient d'un mauvais oeil aussi bien la mise
en place d'une nouvelle cité administrative à Pankrac, équipée de parkings
pour 10 000 voitures, que la prochaine construction de nouvelles rampes
d'accès à l'autoroute nord-sud.
Si les 3000 Pragois gagnent le procès, de nouvelles plaintes, venus d'autres quartiers, pourraient être déposées. Car, comme le souligne le quotidien Mlada fronta Dnes, « plusieurs centaines de milliers d'habitants de la capitale sont concernés ».








