Faits et événements « Pouta », une histoire sombre sur la Tchécoslovaquie communiste, a triomphé aux Lions tchèques
Le drame psychologique « Pouta » (Les liens) du réalisateur Radim Špaček, 38 ans, a été proclamé meilleur film de l’année 2010, samedi soir, lors de la cérémonie de remise des Lions tchèques. Les prestigieux prix cinématographiques, équivalent des Césars en France, ont été décernés pour la 18e année consécutive par l’Académie tchèque du cinéma et de la télévision, composée des professionnels du cinéma. Il n’est pas sans intérêt que le choix de l’Académie se soit porté sur le même film que celui des critiques tchèques : en janvier dernier, lors de la première édition des Prix de la critique, le film « Pouta » a également raflé cinq récompenses, dont celle du meilleur film.
'Pouta'
Joli paradoxe : nominé dans treize catégories aux Lions tchèques, « Pouta » n’a tout de même enregistré que 20 000 entrées depuis sa
sortie en salles en février 2010. Un film « discret », avec un casting
composé d’acteurs peu connus du grand public, réalisé, pendant sept
longues années, à partir d’un premier scénario du journaliste Ondřej
Štindl. « Pouta » dresse le portrait psychologique d’un agent de la
police secrète communiste, décrivant par-là l’ambiance étouffante et
déprimante en Tchécoslovaquie au début des années 1980. Radim Špaček
a dit à l'issue de la cérémonie :
Radim Špaček, photo: CTK
« Je ne trouve pas mon film exceptionnel. C’est plutôt un regard
sincère sur le passé, ce qui n’est pas très à la mode aujourd’hui. »
Le film « Pouta » a donc reçu cinq Lion tchèques : celui du meilleur
film, de la réalisation, du scénario, de la caméra, ainsi que le prix
du
meilleur rôle masculin, attribué à Ondřej Malý, comédien du
Théâtre
Klicpera de Hradec Králové.
Zuzana Bydžovská, photo: CTK
Parmi les autres films récompensés : « Mamas & Papas » de la réalisatrice Alice Nellis, avec le trophée de
la meilleure actrice pour Zuzana Bydžovská, « Přežít svůj život »
(Survivre à sa vie) pour le travail plastique de Jan Švankmajer, ou
encore un autre film d’animation, le dernier long-métrage de Jan
Svěrák « Kuky se vrací » (Kuky est de retour). Le long-métrage « Občanský průkaz » (Carte d’identité) d’Ondřej Trojan, également
favorisé et nominé en onze catégories, est reparti bredouille...
Helena Třeštíková, photo: CTK
La réalisatrice Helena Třeštíková a reçu le Lion tchèque du
meilleur documentaire, pour un portrait sur quinze ans d’une toxicomane, « Katka ». Ce documentaire a déjà été auréolé par de nombreux prix
en République tchèque et à l’étranger. Helena Třeštíková se
spécialise dans les documentaires filmés sur plusieurs années. On
écoute le monteur de ses films Jakub Hejna :
Jakub Hejna
« Ce qui est très important, c’est qu’avec Helena, nous
définissons
d’abord le thème principal du film. En fonction de cela, nous
choisissons les scènes intéressantes, nous montons le film de façon à
mettre en évidence ce thème-là. Chez ‘Katka’, le thème s’impose
:
tout le monde pense que c’est un film sur les drogues et la dépendance.
Bien sûr. Mais nous nous sommes dits : ‘nous allons plutôt faire un
film sur une vie et une maternité manquées.’ A partir de cette
idée-là, nous avons construit le film. »
Retrouvez Jakub Hejna dans le prochain numéro de Culture sans frontières, consacré donc, entre autres, au montage des films. A noter aussi que le film « Pouta » est ressorti, cette semaine, dans les salles en République tchèque.







