Pauvreté : la tendance à la baisse se confirme en République tchèque

La population menacée de pauvreté ou d’exclusion sociale tend à diminuer en République tchèque, qui compte parmi les pays les mieux classés en la matière à l’échelle de l’Union européenne (UE). C’est du moins ce qui ressort des derniers chiffres communiqués par l’Office tchèque des statistiques (ČSÚ), mardi.

Photo illustrative: ČTPhoto illustrative: ČT Une baisse en 2016, une autre en 2017 : la situation des Tchèques s’améliore régulièrement ces dernières années, alors qu’en 2016, à titre de comparaison, 117, 5 millions de personnes, soit près d’un quart de la population dans l’UE, étaient menacées de pauvreté ou d’exclusion sociale. Concrètement, cela signifie que ces personnes étaient affectées par au moins un des trois critères suivants : la pauvreté monétaire, une situation de privation matérielle sévère ou vie dans des ménages à très faible intensité de travail.

Le taux de risque de pauvreté est défini comme la part des personnes dont le revenu total du ménage disponible (après transferts sociaux, impôts et autres déductions) pour les dépenses ou l’épargne est inférieur au seuil de risque de pauvreté monétaire, fixé à 60% du revenu disponible équivalent médian national après transferts sociaux. S’il ne s’agit pas là d’un indicateur absolu de richesse ou de pauvreté, il a le mérite d’offrir un point de comparaison des bas revenus par rapport aux revenus des autres habitants d’un pays.

En République tchèque, quelque 960 000 personnes, soit 13,3% d’une population totale de 10,6 millions d’habitants, restent menacées. C’est 0,6% de moins en l’espace d’un an, comme le confirme Marek Rojíček, le président du ČSÚ :

« La République tchèque figure aux premières places du classement des pays de l’UE avec un taux de risque de pauvreté ou d’exclusion sociale de 12,2%. Les personnes vivant seules avec des enfants et les personnes âgées restent toutefois les catégories de la population les plus menacées. »

Photo illustrative: Štěpánka BudkováPhoto illustrative: Štěpánka Budková Dans cette dernière catégorie de la population, 9% des retraités sont menacés, parmi lesquels plus particulièrement les femmes de plus de 65 ans vivant seules, selon les données publiées récemment par Eurostat. Le montant moyen des pensions de retraite s’élève à 485 euros pour les hommes et à 400 euros pour les femmes.

Plus généralement, depuis 2012, le nombre de personnes dont le budget leur permet de faire face à des dépenses inattendues ou de s’offrir une semaine de vacances augmente progressivement. Responsable du département en charge de l’étude de l’épargne des ménages au ČSÚ, Simona Měrinská étaie cette observation chiffres à l’appui :

« Le plus souvent, les ménages ne peuvent pas se permettre des dépenses imprévues d’un montant supérieur à 395 euros. C’est une réalité qui concerne 28% des personnes. Dans un quart des cas, ils ne peuvent pas non plus se permettre de passer une semaine de vacances ailleurs que chez eux, tandis que 3,2% sont dans l’incapacité de régler régulièrement leurs factures, leur loyer et de rembourser leurs crédits. »

Des chiffres dont en nette baisse si l’on se souvient qu’en 2012 un peu plus de 43% des Tchèques ne pouvaient pas se permettre de se payer une semaine de vacances et se trouvaient en situation de privation matérielle et que 42% étaient menacés de précarité en cas de dépenses imprévues.

Autre donnée marquante de l’étude menée par le ČSÚ : 67% des ménages sont désormais en mesure d’épargner chaque mois, et ce alors qu’un cinquième d’entre eux remboursent un crédit immobilier.

Ainsi donc, très faible taux de chômage et valorisation des salaires notamment les plus faibles aidant, la République tchèque figure aux côtés de l’Islande, la Norvège ou les Pays-Bas, parmi les pays en Europe qui parviennent le mieux à éliminer la pauvreté.