Pas de sandales ou de décolleté : le nouveau code vestimentaire des guides touristiques

Il n’y aura plus de guides combinant audacieusement chaussettes et sandales ou arborant des décolletés plongeants : les employés de plus d’une centaine de châteaux et monuments tchèques doivent désormais respecter un nouveau code vestimentaire. L’objectif de cette nouvelle mesure est notamment de mettre fin aux plaintes de certains touristes.

Photo illustrative: Ixtlilto, CC BY-SA 3.0Photo illustrative: Ixtlilto, CC BY-SA 3.0 Alors que les fameuses sandales-chaussettes remontées jusqu’à mi-mollet, tant décriées à l’étranger, constituent un style vestimentaire très populaire auprès de nombreux Tchèques (et surtout des hommes), les guides touristiques qui travaillent pour l’Institut national du patrimoine (NPÚ) devront désormais se chausser autrement. L’institution qui gère plus de cent châteaux et monuments tchèques parmi les plus populaires, comme les châteaux de Karlštejn, de Hluboká, de Český Krumlov ou de Kroměříž, a en effet mis en place, au début de cette saison, un nouveau code vestimentaire destiné à ses employés, comme nous l’explique son porte-parole Jan Cieslar :

« Cette décision a été prise pour deux raisons. Tout d’abord, l’Institut national du patrimoine se veut une institution sérieuse. Nous voulons donc que nos guides soient facilement identifiables et que les visiteurs ne les confondent pas par exemple avec des jardiniers et des techniciens. En effet, les visiteurs se plaignaient parfois des vêtements de nos guides qu’ils ne trouvaient pas toujours convenables. C’est donc la deuxième raison pour laquelle nous avons adopté cette règle. »

Ce nouveau code ne concerne toutefois pas seulement les sandales, mais aussi les décolletés, les T-shirts avec différentes inscriptions, les minijupes, les shorts ou par exemple les couvre-chefs. Comment devront donc à présent s’habiller les guides ? Jan Cieslar détaille :

« Les guides ne portent pas d’uniforme, mais sont toutefois équipés de deux éléments unificateurs : un badge avec leur nom et un pin's du NPÚ. Leurs vêtements devraient être convenables et professionnels, comme le signifie l’expression anglaise ‘smart casual’. Les guides ne devraient pas porter des vêtements troués et sales, et sûrement pas des sandales. Bien sûr, leur façon de s’habiller doit toutefois être adaptée aux températures à l’extérieur et à l’intérieur du monument. »

Un message à destination des guides mais aussi des visiteurs

Photo illustrative: Štěpánka BudkováPhoto illustrative: Štěpánka Budková Une exception confirme cependant la règle : les vêtements et costumes historiques qui s’efforcent de présenter la vie à une époque et contribuent à l’atmosphère du lieu seront tolérés. Ces recommandations restant pour l’instant assez flous, c’est aux châtelains de décider quels sont les vêtements les mieux appropriés pour leur site.

Bien que la plupart des châtelains confirment que leurs guides suivent déjà ce code vestimentaire depuis longtemps, il est aussi possible d’en trouver qui y sont opposés. C’est le cas d’Alexandr Zaspal de la mine Michal :

« Nous sommes un site technique et nous cherchons donc en quelque sorte notre propre voie. Nos guides sont des mineurs qui ont leur propre uniforme cousu sur mesure. »

Et que se passera-t-il avec des guides qui ne respecteraient pas les règles en question ? Jan Cieslar :

« Notre objectif n’est pas de les punir mais de les éduquer. Et pas seulement les guides, mais aussi les visiteurs. Souvent, les touristes arrivent en maillot de bain et en tongs, ce qui n’est pas très respectueux aussi bien vis-à-vis du monument que des autres visiteurs. En introduisant ce code vestimentaire, nous voulons donc aussi demander aux touristes de s’habiller de manière convenable. Ils devraient se rendre compte que la visite d’un monument est avant tout la visite d’un lieu qui a été le théâtre de nombreux événements historiques. »

A voir avec le temps si ce nouveau code vestimentaire trouvera donc ses partisans également parmi les amateurs sacrilèges de sandales-chaussettes.