Faits et événements Pas de réforme chez les communistes tchèques
Les délégués du VIe Congrès du Parti communiste de Bohême et Moravie ont dit « non » à un changement de cap du dernier parti de type stalinien en Europe centrale. Un parti qui dispose, selon les sondages récents, de 18 % des préférences de vote et dont la cote est à la hausse. C'est le second parti du pays, second aussi dans l'opposition, après le Parti civique démocrate de droite.
Miroslav Grebenicek, photo: CTK
Les efforts de l'aile moderniste du parti, conduite par l'ancien
vice-président, Miloslav Ransdorf, ont échoué. Lui-même n'a reçu les voix
que de 25 délégués sur les 345 présents. Ransdorf n'est même plus
vice-président : il n'a pas présenté sa candidature en signe de
protestation contre la réélection du président, Miroslav Grebenicek. C'est
ainsi qu'en ont décidé, samedi, à Ceske Budejovice, les communistes de
Bohême et Moravie, reconduisant pour quatre nouvelles années un président
qui est en fonction depuis onze ans déjà ! Le congrès a, en plus, refusé
de limiter la durée du mandat du président. Sur les cinq vice-présidents,
un seul représente la tendance réformiste, Jiri Dolejs. Miloslav Ransdorf
reste, pourtant, le candidat communiste aux élections européennes de juin.
Les réactions aux résultats du congrès ? Pour le Premier ministre,
Vladimir Spidla, les communistes reviennent à la période d'avant novembre
1989, ils refusent tout changement. Réagissant à la déclaration de
Miloslav Ransdorf, selon laquelle le grand vainqueur du congrès serait
Vladimir Spidla, ce dernier a déclaré : « Je n'ai pas lutté au congrès des
communistes. Le développement du Parti communiste de Bohême et Moravie est
imprévisible quand on lit ses documents et suit ses discussions menées au
niveau des années 1929-1935, y compris les acccusations contre la
sociale-démocratie ».
Le chef de l'opposition de droite, Miroslav Topolanek, président du Parti civique démocrate, affirme que la cote élevée des communuistes, actuellement, pourrait être exploitée par la coalition gouvernementale :
Miroslav Topolanek
« Un grand nombre de hauts représentants de la sociale-démocratie pensent
à abolir la Déclaration de Bohumin interdisant la coopération avec les
communistes et à collaborer ou coopérer ouvertement avec les communistes.
Sous le couvert, ils le font déjà. C'est une chose que je redoute, et je
pense que ce serait un pas mortel, actuellement, pour les
sociaux-démocrates ».
De son côté, le grand perdant du congrès, le réformiste Miloslav Ransdorf, se prépare plutôt à sa fonction de député européen qu'à une nouvelle tentative de réforme du parti communiste.






