Ouverture à Paris du premier festival du théâtre tchèque

On connaissait déjà Mange ta grenouille, le festival du théâtre français à Prague. Désormais, juste retour des choses, il y a aussi Fais un saut à Prague, le festival du théâtre tchèque à Paris. L'équipe du festival pragois a décidé de faire découvrir au public parisien la création théâtrale tchèque, méconnue, à l'exception notable des œuvres de l'ancien dissident dramaturge et président, Václav Havel. A l'origine des deux festivals, Linda Dušková nous explique comment est né Fais un saut à Prague, qui se déroule du 4 au 7 avril à l'espace Anis Gras, à Arcueil et au Centre tchèque :

Anis Gras, photo: GoogleMapsAnis Gras, photo: GoogleMaps « Ce festival est né de notre collaboration avec Catherine Leconte, directrice de l’espace Anis Gras. Depuis quatre ans à Prague nous organisons Mange ta grenouille, qui est le festival du théâtre français. Nous avions à cœur avec Natálie Preslová, directrice du festival à Prague, de faire le pendant en France. Ce qui nous intéresse, c’est de rendre possible les rencontres entre artistes tchèques et français. C’est donc d’abord pour entretenir cet échange qu’existe ce festival en France, dont l’organisation cette année est possible grâce à la collaboration avec l’espace Anis Gras qui a soutenu notre idée dès le début. »

Si vous deviez mettre en lumière un ou deux auteurs, une ou deux pièces, qui sont absolument à voir dans le cadre de ce festival, quels seraient-ils ?

 « Je recommande fortement la performance du metteur en scène tchèque Jakub Maksymov, qui va être jouée trois fois ces jeudi, vendredi et samedi. Jakub est venu pour une résidence de deux semaines car Anis Gras a aussi la capacité d’accueillir des artistes sur le long terme. Jakub travaille sur une performance faite sur mesure à partir de l’espace. Cela va être une performance interactive in situ. Il travaille avec un acteur français, Mathieu Huot. La pièce s’appelle ‘Petit traité de manipulation’, elle fait appel au public de façon novatrice, c’est une grande prise de risques. Cela va être très intéressant. Jakub a eu l’idée de relier directement Prague avec Paris et plus précisément avec l’espace Anis Gras. »

 « Les lectures scéniques sont une autre chose intéressante. Ce sont des traductions nouvelles, pour les besoins du festival. Ce sont deux pièces de deux auteurs différents : Magdalena Frydrych Gregorová, pour ‘La Poupée de porcelaine’ et ‘Olga’ d’Anna Saavedra. Elles vont être toutes deux jouées et mises en scène dans le cadre du festival par des metteurs en scène et des groupes français. Tout le programme, comme celui de Mange ta grenouille, sera sous-titré et traduit dans les deux langues. Même lorsque l’on jouera en français, ce sera accessible pour les Tchèques. »

Concernant la pièce « Olga », j’imagine qu’en France on connaît du théâtre tchèque essentiellement Václav Havel. Or, cette pièce « Olga » tourne précisément autour de sa première épouse…

 « Tout à fait. Nous avons choisi cette pièce, car elle est appréciée et a obtenu plusieurs prix en République tchèque l’année dernière. Nous l’avons aussi choisie car Václav Havel est une personnalité que tout le monde connaît en France. Nous avions donc envie de faire un lien avec lui en montrant la création de l’écriture nouvelle mais avec des gens avertis sur le sujet. »

Quel est l’objectif à plus long terme de ce festival ou de ce double festival à Prague et à Paris ?

 « Je pense que nous sommes en train de faire naître une sorte d’institution. Nous accompagnons les auteurs dramatiques et notamment avec le festival Mange ta grenouille qui reçoit toute l’année des nouvelles pièces. Nous avons une sorte de comité de lecture qui nous intéresse. Mais nous sommes aussi une plateforme de rencontres entre les artistes tchèques et français. Nous avons vraiment envie d’être non pas seulement une vitrine de ce qui se fait dans les deux pays, mais aussi de créer des passerelles entre les deux cultures, de mettre des gens en lien et de les suivre sur le long terme. L’idée est d’aller travailler avec les personnes et continuer à tisser des liens. Je pense que, à Prague, nous allons essayer petit à petit de construire une plateforme de présentation du théâtre et du spectacle tchèque en France. A Paris, c’est quelque chose de vraiment inconnu. Je pense que cela pourrait être une belle occasion de faire voyager le spectacle créé en République tchèque. »