Faits et événements Nouvelle forme de détention pour les malades mentaux dangereux
A partir du 1er janvier 2009, la nouvelle loi sur la détention entre en vigueur. Elle institue, entre autres, une nouvelle forme de détention pour les malades mentaux dangereux pour la société.
Jiří Pospíšil, photo: CTK
Jusqu’à maintenant, les personnes atteintes de maladies mentales,
condamnées pour pédophilie ou autres crimes liés à leur défection
psychique, n’étaient en général pas incarcérées mais envoyées dans
des établissements psychiatriques. Les évasions de ces établissements
qui ne sont pas particulièrement très surveillés étaient fréquentes et
il arrivait que les psychopathes commettent de nouveaux crimes pendant leur
séjour à l’extérieur. A compter du 1er janvier prochain, ces personnes
ne devraient plus représenter un danger pour la société. Avec
l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur la détention, le premier
établissement de détention pour les malades mentaux dangereux sera ouvert
à la prison de Brno, chef-lieu de la Moravie. Il pourra accueillir
jusqu’à 48 psychopathes considérés comme dangereux. C’est une
nouveauté en République tchèque, et le ministre de la Justice, Jiří
Pospíšil, la présente ainsi :
« On consacrera une plus grande attention aux activités thérapeutiques et au sport. Les patients seront soumis à un plus grand suivi du point de vue médical que dans le cas d’une incarcération classique. Les relations entre les employés et les clients, si l’on peut dire, seront certainement meilleures. »
En dehors de Brno, deux autres établissements de détention pour les psychopathes seront ouverts dans le nord de la Tchéquie : le premier pour 148 condamnés à Opava au mois de septembre 2009 et le second à Vidnava. Ce sont les tribunaux qui décideront, sur la base d’expertises, de l’envoi d’un malade mental reconnu coupable d’actes criminels dans un établissement de détention et non pas dans une prison classique. Par contre, la durée du séjour dans un tel établissement n’est pas limitée, elle peut donc même durer pendant toute la vie du condamné. Celui-ci, par contre, peut demander sa libération une fois par an. A ce sujet, on écoute de nouveau le ministre de la Justice, Jiří Pospíšil :
« La remise en liberté ne sera possible qu’en application d’un
jugement du tribunal. Pour rendre ce jugement, le tribunal devra
naturellement avoir recours aux rapports d’experts en psychologie et
psychiatrie. »
Certains psychopathes dangereux ne seront pas concernés par la nouvelle
loi et resteront donc les pensionnaires des établissements psychiatriques
où le régime est bien plus libre que dans le système pénitentiaire. Il
s’agit des personnes condamnées avant le 1er janvier 2009, car un Etat
de droit ne peut en aucun cas modifier un jugement rendu par une cour de
justice. Le ministre de la Justice insiste sur le fait que la philosophie
de la nouvelle loi n’est pas de punir les malades mentaux coupables
d’actes criminels, mais de les isoler de la société pour laquelle ils
représentent un danger.









