Faits et événements Neuf grâces présidentielles de Vaclav Klaus
Le Président Vaclav Klaus, photo: CTK
"Klaus a gracié un parricide", titrent, ce mercredi, les
quotidiens tchèques. En effet, le jeune Ondrej Gregor, qui a étranglé son
père tyrannique et alcoolique, figure parmi les neuf bénéficiaires de la
grâce présidentielle de lundi dernier. Sur l'affaire d'Ondrej Gregor, 22
ans, les spécialistes sont unanimes : plutôt qu'un meurtre, il s'agissait
de coups et blessures ayant entraîné la mort, d'un acte désespéré visant à
protéger les autres membres de la famille devant un père agressif.
D'ailleurs, Ondrej Gregor n'avait été condamné qu'à cinq ans de prison, et ce bien que les peines pour assassinat soient habituellement beaucoup plus lourdes : de 10 à 15 ans. Ensuite, Vaclav Klaus a accordé des grâces à des délinquants gravement malades ou des mères d'enfants condamnées pour escroqueries ou manquement à l'obligation alimentaire.
La presse situe la problématique dans un plus large contexte. L'ancien chef de l'Etat, Vaclav Havel, fut généreux avec les grâces, utilisant son droit plus de 400 fois rien que pendant la première année de sa présidence. Certaines grâces controversées ont toutefois fait l'objet de polémiques virulentes. De son côté, peu après son investiture, l'actuel Président Klaus s'était empressé de déclarer que lui serait nettement plus strict dans ce domaine que son prédécesseur. Chose dite, chose faite : sur plus de mille demandes de grâce arrivées depuis son élection en 2003 au Château de Prague, Vaclav Klaus n'en a acceptées, jusqu'à présent, que seize. D'après Jiri Franek, commentateur du journal Pravo, il ne sert à rien de comparer, de ce point de vue, les deux hommes politiques. "Ce qui est important, écrit-il, "c'est que Vaclav Klaus, lui aussi, ait trouvé le courage de s'opposer à la décision de la justice, de prendre la responsabilité de décider autrement, et ce pas seulement dans des cas banals."






