Mondial de hockey sur glace : les Tchèques mettent l’ambiance à Paris

Pour la première fois depuis la naissance de notre univers, le championnat du monde de hockey sur glace, compétition toujours très populaires en Tchéquie, où les couleurs nationales sont souvent de sortie à cette occasion, est organisé conjointement par deux pays, la France et l’Allemagne, deux pays où la culture hockey est moins développée. Cela n’a pas empêché de nombreux supporteurs tchèques de faire le déplacement à Paris, où la Reprezentace effectue un début de compétition en demi-teinte.

Josef Jandač, photo: ČTKJosef Jandač, photo: ČTK La victoire a été bien longue à se dessiner jeudi pour les Tchèques qui ont dû attendre la prolongation et la 62e minute pour que Jan Kovář inscrive le but de la délivrance face à de coriaces Norvégiens. La sélection tchèque enchaîne les matchs tendus sur la glace parisienne, et, alors qu’elle affronte la Slovénie ce vendredi, la plus faible équipe du groupe B, elle aurait bien besoin de repos selon son entraîneur Josef Jandač :

« On a besoin de se reposer. Les matchs qu’on a eu jusqu’à présent étaient vraiment compliqués et ils nous ont coûté beaucoup de force. Les Slovènes ont eu une journée de repos, donc nous devons nous préparer. »

Troisièmes de leur poule après quatre rencontres, les hockeyeurs tchèques, avant la Norvège, ont croisé le fer mardi contre les Finlandais, vice-champions du monde, qui leur ont donné pas mal de fil à retordre. Et pour cause, à l’issue du premier tiers-temps, la République tchèque était menée 3 à 0 dans un match qu’elle a finalement remporté après la toujours délicate séance des tirs de fusillade (4-3).

Jan Kovář inscrive le but de la délivrance face à de coriaces Norvégiens, photo: ČTKJan Kovář inscrive le but de la délivrance face à de coriaces Norvégiens, photo: ČTK Notre correspondante à Paris, Kateřina Srbková, était de la partie au Palais Omnisports de Paris-Bercy. De nombreux Tchèques avaient aussi fait le déplacement et c’est peut-être ça qui a décidé du sort de la rencontre. En tout cas, selon Erika, une supportrice tchèque vivant en Angleterre :

« C’était d’abord un peu triste parce qu’on n’y croyait plus. Et puis à partir du deuxième et dans le troisième tiers-temps, on a commencé à mettre des buts les uns après les autres. Là on y a cru jusqu’au bout et c’est vraiment fantastique. C’était vraiment palpitant. En fait, c’est au moment précis où nous sommes allés nous installer dans le kop tchèque que les Tchèques ont commencé à renverser la vapeur. »

Edouard, un spectateur français, partage l’avis d’Erika, le public a été décisif dans le succès tchèque :

La République tchèque était menée 3 à 0 dans un match qu’elle a finalement remporté après la toujours délicate séance des tirs de fusillade (4-3), photo: ČTKLa République tchèque était menée 3 à 0 dans un match qu’elle a finalement remporté après la toujours délicate séance des tirs de fusillade (4-3), photo: ČTK « Au début on était côté Finlande, et quand on a vu qu’il y avait plus d’ambiance côté Tchéquie, on est allé côté Tchéquie. Et l’ambiance a contribué au fait que les Finlandais ont perdu aux pénaltys. Parce que tous les Tchèques étaient groupés derrière les buts. C’était vraiment un beau match. »

Un beau match comme on est peu habitué à en voir en France, pays où le hockey sur glace, fort tout de même d’environ 20 000 licenciés, est peu médiatisé. Edouard est l’un de ces licenciés :

« Je fais du hockey sur glace et ici il y a plutôt seulement des gens qui connaissent le hockey sur glace. Ce n’est pas très populaire en France, il n’y a pas beaucoup de patinoires. C’est pour cela que c’est organisé sur deux pays, en France et en Allemagne. »

Depuis quelques années, la sélection française a gagné sa place au sein de l’élite du hockey mondial, grâce à certains exploits, en particulier la victoire en 2013 contre la Russie. Forte de son éclatante victoire sur la Finlande (5-1), la France, défaite avec les honneurs jeudi par les tenants du titre et favoris canadiens (2-3), vise désormais les quarts de finale de la compétition. Cela passe par une performance dimanche face à la République tchèque, qui, si elle n’a pour l’heure pas totalement convaincu, peut toujours compter sur des supporteurs aguerris à toutes les tribunes d’Europe.