Faits et événements Mission des policiers militaires tchèques en Irak
Ce n'est que grâce au soutien de l'opposition que la Chambre des députés tchèque a voté, jeudi, le projet d'envoyer en Irak 80 policiers militaires tchèques.
Irak, photo: CTK
Enquêtes sur des délits et des crimes de guerre, recherches d'armes et de
drogues, et entraînement des soldats irakiens, telles seront les missions
des policiers militaires tchèques en Irak. Ils garderont aussi des
objectifs stratégiques et accompagneront des convois, qui font souvent
l'objet d'attaques terroristes. Ils sont conscients du fait que de telles
opérations dans un pays sortant de la guerre et souffrant du terrorisme
sont extrêmement risquées. C'est d'ailleurs pourquoi ils ne resteront en
Irak que trois mois et seront relevés ensuite par leurs collègues. Ils
contrôleront une région au sud-est de Bassora et coopéreront avec une
division militaire britannique qui y est déployée. Tous les membres de
l'unité tchèque, dont quatre femmes, ont déjà subi un entraînement
difficile et long et ont pris des leçons d'anglais et d'arabe. Ils
arriveront en Irak encore avant Noël. Leur mission coûtera 250 millions de
couronnes, soit quelque 8 millions d'euros par an.
D'après le ministre tchèque des Affaires étrangères, Cyril Svoboda, du parti chrétien-démocrate, c'est une contribution tchèque pour la stabilisation et la reconstruction de l'Irak. Néanmoins, cet avis n'était pas partagé non seulement par certains membres de son parti, mais aussi par plusieurs députés de la social-démocratie, formation la plus importante de la coalition gouvernementale. Les récalcitrants disposaient d'ailleurs d'un argument de taille. Lors de son dernier congrès, la social-démocratie avait voté une déclaration selon laquelle l'intervention des alliés en Irak aurait été illégale. Pour faire passer la mission irakienne, jeudi, devant la Chambre des députés, le Premier ministre, Vladimir Spidla, s'est donc vu obligé de solliciter le soutien de l'opposition. Il a appelé les députés à dépasser la limite entre la coalition et l'opposition, et à l'issue d'une petite bataille, il a finalement réussi à faire passer le projet. "La majorité était tout simplement suffisante, et c'est nécessaire pour la République tchèque," a-t-il conclu.





