Mise en place du passeport biométrique pour les citoyens tchèques

Tout comme tous les citoyens des autres Etats membres de l'Union européenne, les Tchèques aussi vont devoir se munir d'un passeport biométrique pour voyager à l'étranger.

Josef Postranecky, photo: CTKJosef Postranecky, photo: CTK Reconnaissance des traits du visage, détection de l'odeur corporelle de la personne, reconnaissance vocale, telles sont quelques exemples des aspects physiques et physiologiques qui sont considérés comme des éléments dits biométriques. Pour l'heure, les éléments biométriques désormais obligatoires à partir du 1er septembre 2006 seront ceux du visage, mais à partir de 2008, ce sera au tour des empreintes digitales d'y être intégrées.

Ce dispositif d'identification des personnes a été mis en place et réclamé par les Etats-Unis, après les attentats du 11 septembre. Mais ce principe de puce intégrée au passeport et contenant ces informations personnelles suscitent les craintes d'une dérive sécuritaire, avec en filigranne, l'ombre de Big Brother. Des craintes que s'est empressé de vouloir apaiser Josef Postranecky, le ministre-adjoint de l'Intérieur :

« En ce qui concerne les données qui servent à enregistrer les éléments biométriques, elles ne serviront qu'à établir le passeport. 60 jours après elles seront effacées, détruites. Elles ne seront donc enregistrées dans aucun système centralisé de données personnelles. »

La semaine dernière, un séminaire international consacré à cette problématique, organisé par l'association Iuridicum Remedium a mis le doigt sur les possibilités d'abus. Tomas Holenda est directeur du secteur informatique de l'administration publique au ministère de l'Intérieur tchèque. D'après lui, les conclusions de ce séminaire ont été montées en épingle par les médias :

« Nous sommes persuadés que notre système de protection des données personnelles est garanti par le codage de toutes les communications entre les différents maillons de la chaîne. Bien entendu, je comprends les appréhensions des ONG. L'objectif de la biométrie, c'est de comparer la personne qui possède le passeport avec le passeport lui-même, et ce, directement sur place à la douane. Les données ne doivent pas être enregistrées, il s'agit d'un contrôle. Mais si les Etats-Unis ne donnent pas des assurances qu'ils ne vont pas conserver les données, là ça devient dangereux. D'ailleurs l'Union européenne s'est exprimée contre ces exigeances. »

Photo: CTKPhoto: CTK Ce week-end, une autre conférence de spécialistes s'est également tenue à Las Vegas, mettant en garde contre un dispositif dont la sécurité absolue n'était pas assurée. D'après un informaticien allemand, les puces électroniques pourraient être piratée et utilisée, par exemple par des terroristes. Une critique qui fait mouche puisque la lutte contre le terrorisme est un des arguments avancés pour justifier la mise en place de la biométrie. L'avis de Tomas Holenda :

« Outre d'autres éléments de protection, mécaniques, optiques et électroniques, les passeports tchèques seront également protégés par un système dit d'authenfication active. C'est un élément qui n'est pas obligatoire, et l'Allemagne justement, ne l'utilise pas. Ce système empêche toute copie de la puce, donc les données de notre passeport ne pourront pas être copiées. »

Quatre milliards de couronnes, c'est le budget qui a été alloué sur la période 2005-2010, pour la mise en place du dispositif, la production, l'administration etc.