Lutte contre le terrorisme : la Tchéquie sur le pied de guerre

La République tchèque veut renforcer son système de défense contre d'éventuelles attaques terroristes. Après les événements tragiques en Ossétie du Nord, les Services de renseignements estiment, en effet, que la menace qui pèse sur le pays « n'est ni petite, ni négligeable ».

Bien qu'ils ne soient pas actuellement en possession d'informations faisant état d'un danger imminent, les Services de renseignements tchèques ne baissent pas la garde et sont prêts à parer à toute offensive terroriste. « Rien n'est sous-estimé, les terroristes attendent le moment opportun pour frapper, que ce soit ici ou partout ailleurs en Europe », affirme ainsi le chef du Service de contre-espionnage, Karel Randak, tout en précisant que, depuis le 11 septembre 2001, la lutte contre le fléau de ce début de XXIe siècle est devenue la priorité de ses équipes.

Le risque provient de l'engagement de la Tchéquie dans la lutte internationale contre le terrorisme. Même si les Etats-Unis ne considèrent pas Prague comme un de leurs plus proches alliés au sein de leur coalition « contre le mal », au même titre, par exemple, que la Pologne, au cours de ces trois dernières années, des unités tchèques ont néanmoins été envoyées sur la plupart des fronts, aussi bien en Afghanistan qu'au Koweït, en Irak, et même récemment à Athènes, pour les Jeux olympiques.

Ce mercredi, à la Chambre, les députés tchèques auront donc à débattre de deux projets concrets. Le premier d'entre eux, idée commune aux ministres de la Défense, Karel Kühnl, et de l'Intérieur, Frantisek Bublan, consiste à préparer un tiers des effectifs de l'Armée, soit environ 10 000 soldats, pour venir en aide à la police en cas de situation estimée comme étant « de crise ». Le second est, lui, proposé par certains députés de la coalition gouvernementale. Ces derniers voudraient voir se créer ce qu'ils appellent un « bureau pour situations exceptionnelles ». Ce nouveau bureau, au sein duquel travailleraient agents de renseignement, sauveteurs et psychologues, serait censé coordonner les diverses interventions et l'aide nécessaires non seulement en cas d'attaques terroristes, mais aussi, par exemple, lors de catastrophes naturelles, comme les inondations à l'été 2002.