Faits et événements L'Institut tchèque de la Mémoire pourrait, enfin, voir le jour

13-07-2005 16:37 | Magdalena Segertová

En République tchèque pourrait être créée une nouvelle institution, examinant les crimes du communisme. L'initiative d'un groupe de sénateurs, avec Jiri Liska du Parti civique démocrate en tête, vise à fonder l'Institut tchèque de la Mémoire. Il serait chargé de coordonner l'action des institutions qui étudient le passé communiste et de diffuser des informations sur le totalitarisme surtout parmi les jeunes.

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La seule institution active en la matière, en République tchèque, est l'Office de l'enquête sur les crimes du communisme (UDV), mais, justement, au niveau de la diffusion d'informations, ses compétences sont limitées, comme l'explique son représentant Tomas Bursik : "Les documents publiés par l'UDV ne sont pas mis en vente. Ils sont distribués aux bibliothèques et aux archives, mais les gens ne peuvent pas les acheter", a-t-il dit au quotidien Lidove noviny. L'Institut tchèque de la Mémoire serait donc, avant tout, un centre de recherche sur l'histoire contemporaine, mais il serait également autorisé à donner au public l'accès aux dossiers de l'ancienne police secrète communiste, la StB. Jusqu'à présent, c'était le privilège de l'office UDV, contrôlé par le ministère de l'Intérieur. Le fait que l'Institut de la Mémoire, en tant qu'institution indépendante, serve d'intermédiaire entre le peuple et son passé, constitue un atout aux yeux des instigateurs du projet.

Kristina VlachovaKristina Vlachova L'Institut de la Mémoire n'est pas une nouveauté en Europe centrale et orientale. Ecoutez la cinéaste tchèque Kristina Vlachova qui tourne, depuis la chute du rideau de fer, des documentaires sur les crimes impunis du communisme : "Cette institution existe en Pologne, en Hongrie, en Roumanie, en Bulgarie, en Allemagne bien sûr et, depuis peu de temps, aussi en Slovaquie. L'ancien ministre tchécoslovaque de l'Intérieur, Jan Langos, qui dirige l'Institut slovaque de la Mémoire, ma proposé le poste de réalisatrice et de responsable artistique au sein de son équipe, puisqu'il aime bien mes films. J'étais très heureuse et émue et j'ai accepté. Cela fait un peu plus d'un an que j'y travaille, je tourne parallèlement 14 documentaires. On fait se qu'on peut, parce que depuis 15 ans, pas un seul film sur les crimes du communisme n'a été réalisé en Slovaquie."

L'Institut slovaque de la Mémoire, dont les recherches sont par ailleurs étalées même sur le passé fasciste du pays, pendant la Seconde Guerre mondiale, aurait sans doute besoin d'un organisme partenaire tchèque et vice-versa : 75 ans d'histoire commune, ce n'est pas rien...

Les sénateurs commenceront à élaborer le projet de loi sur la fondation de l'Institut de la Mémoire en septembre prochain.

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