Faits et événements L'histoire de la comtesse sanglante Elisabeth Bathory sera portée à l'écran
C'est ce samedi que commencera le tournage d'un film consacré à la femme, qui selon le livre Guiness des records, a été la plus grande meurtrière de tous les temps.
Elisabeth Bathory
Elle était noble, belle et cruelle. Bien que la vie d'Elisabeth Bathory ait
été limitée par les dates 1560 et 1614, son ombre hante encore aujourd'hui
les ruines du château de Cachtice en Slovaquie. Selon la légende, c'est
dans les caves de cette demeure que cette dame de grande famille se
livrait à des orgies sanglantes, assassinait des jeunes filles et se
baignait dans leur sang croyant que le sang des innocentes lui
conserverait la beauté et la vie. Aujourd'hui, il est difficile de démêler
la légende de la réalité. Les archives historiques témoignent, qu'à la fin,
Elisabeth Bathory a été inculpée d'innombrables atrocités commises dans son
château. Ses complices ont été exécutés tandis qu'elle-même, ayant échappé
à la peine capitale en raison de sa naissance, a été murée dans ses
appartements du château. C'est là qu'elle a attendu la mort pendant quatre
ans, dans une obscurité et une réclusion totales.
Depuis ce temps-là, la dame de Cachtice n'a cessé d'alimenter l'imagination du peuple, mais aussi, plus près de nous, celle de romanciers et de cinéastes. Elle est devenue même une espèce de cauchemar pour le réalisateur tchèque Zdenek Troska qui, depuis des années, cherche à réunir les fonds nécessaires pour tourner un film sur elle et, après plusieurs tentatives avortées, n'arrive toujours pas à mener son projet à bien.
Juraj Jakubisko
Ce sera donc finalement le Slovaque établi à Prague, Juraj Jakubisko, qui
fera le film sur la dame de Cachtice. Il se lance dans une coproduction
internationale à gros budget, quelque 10 millions d'euros, ce qui est dix
fois plus que la moyenne nécessaire pour le tournage d'un film tchèque.
Des producteurs slovaques, tchèques, hongrois et anglais participent à ce
projet qui se classera parmi les films les plus chers réalisés en Europe
centrale. Outre de nombreux comédiens slovaques et tchèques, on y trouvera
aussi quelques vedettes internationales. La distribution compte, également,
une centaine de rôles épisodiques et de nombreux figurants. Le réalisateur
ne cache pas son ambition de situer l'affaire Bathory dans un contexte
plus large et voit derrière la légende sanglante un procès politique. Il
affirme que la Dame de Cachtice était plus riche que le roi de Hongrie et
que l'objectif véritable du procès contre elle était de la déposséder de
ses biens.
Ce samedi, dans le skansen du village de Pribylina en Slovaquie, enseveli sous la neige, on tournera les premières séquences de cette superproduction. Jusqu'au dernier moment, le mystère savamment entretenu plane sur le nom de l'actrice à laquelle on confiera le rôle de la sinistre comtesse.






