Faits et événements Ležáky, village témoin des atrocités commises par les nazis allemands
Il y a 70 ans, le 24 juin 1942, les nazis allemands ont rasé le petit village de Ležáky en Bohême de l’Est. C’est la deuxième commune victime des représailles déclenchées par l’occupant allemand à la suite de l’attentant contre le « Reichsprotektor » de Bohême-Moravie, Reinhard Heydrich.
Bien que le sort du village de Ležáky ressemble à celui de Lidice,
commune rasée quinze 15 jours auparavant, il y a quand même une
différence. Alors que les habitants de Lidice n’ont nullement été
engagés dans le mouvement de la résistance, à Ležáky, la gestapo a
localisé l’existence d’un émetteur qui permettait aux auteurs de
l’attentant contre Heydrich d’entretenir le contact avec
l’étranger.
Bien que quelques personnes seulement aient été au courant de cette
activité subversive et que la majorité des habitants de Ležáky
ait ignoré
l’existence de l’émetteur, les nazis ont décidé de répéter leur
opération monstrueuse de Lidice et d’anéantir toute la commune.
Le 24 juin le bourg de Ležáky qui compte 9 maisons, est encerclé et
tous les édifices sont pillés et incendiés. Les 47 habitants arrêtés
sur place sont transportés dans la ville de Pardubice où tous les
adultes
sont immédiatement fusillés. 11 enfants des familles de Ležáky sont
déportés dans le camp d’extermination de Chelmno où ils mourront dans
des chambres à gaz. 254 membres des familles de parachutistes chargés de
l’attentat contre Reinhard Heydrich ainsi que leurs collaborateurs
seront
exécutés le 24 octobre 1942 dans le camp de Mauthausen. D’autres
hommes
et femmes des environs considérés comme collaborateurs des parachutistes
seront déportés dans les camps d’Auschwitz, de Buchenwald et de
Ravensbrück.
Václav Klaus, photo: CTK
70 ans depuis le jour tragique, une cérémonie commémorative a été
organisée à l’emplacement du village martyr. Parmi les participants il
y a eu, entre autres, le président tchèque Václav Klaus. Dans le
discours prononcé à cette occasion le président Klaus a rappelé la
lettre qui lui avait été adressée à l’occasion du 70e anniversaire
de
l’anéantissement du village de Lidice par le président allemand
Joachim
Gauck et dans laquelle le chef d’Etat allemand avait exprimé sa honte
face aux massacres de Lidice et de Ležáky. Václav Klaus a dit :
« J’apprécie son geste d’excuse et d’ouverture que la partie allemande n’a pas encore fait à ce niveau-là. Le président Gauck nous signale par son geste que le chemin de l’avenir n’est pas celui des revendications mais qu’il faut tirer la leçon de l’histoire et respecter ses voisins. (…) La terreur et les crimes nazis ont mis une fin brutale à la coexistence millénaire des Tchèques et des Allemands dans notre pays. Le transfert de la population allemande de notre pays a été donc une conséquence logique de ce chapitre tragique de notre histoire. »
Photo: CTK
Et le président de souligner que malgré la distance temporelle qui nous
sépare de la Deuxième Guerre mondiale, il convient de garder en mémoire
ces événements tragiques et ne pas confondre les coupables et les
victimes de ces atrocités. Selon l’historien Vojtěch Kyncl, les crimes
de certains responsables du massacre de Ležáky n’ont jamais été
punis
:
« Par exemple Walter Kröger surnommé ‘ Boxeur’ a été découvert en 1970. Il a été interrogé mais n’a jamais été puni. Il vivait sur le territoire de l’Allemagne de l’Ouest. Et c’était la même chose pour Gustav Mikysek, l’homme qui arrachait l’or des dents des personnes exécutées. »
Le village de Ležáky n’a jamais été reconstruit. Aujourd’hui
seulement des pavées en granit marquent au sol les fondations des neufs
maisons démolies. Un monument à la mémoire des victimes du nazisme a
été érigé au milieu de ce village cimetière. En 1978 l’emplacement
de l’ancienne commune de Ležáky a été classé monument national.






