Faits et événements L’évêque Václav Malý invite les électeurs à bien réfléchir avant d’aller aux urnes
La tension monte, à quatre semaines des prochaines élections législatives. Tandis que les internautes et les médias ne cessent de réagir au clip vidéo qui a suscité la polémique en incitant les « jeunes » à persuader les « vieux » de voter à droite, c’est désormais également vers l’Eglise que les yeux sont tournés.
L’évêque Václav Malý, photo: Štěpán Hon, www.rozhlas.cz
Le malheur est venu par une lettre ouverte rédigée récemment par
l’évêque et ancien dissident Václav Malý, un des rares
ecclésiastiques jouissant d’une cote élevée au sein de la société
qui est traditionnellement assez réservée à l’égard de l’Eglise
catholique. Cette position, Václav Malý la doit notamment à son passé
de dissident et à sa participation active aux événements de la
révolution de Velours, tout comme à ses efforts actuels en faveur de la
défense des droits de l’homme dans des pays tels que la Biélorussie ou
Cuba.
Dans sa lettre, Václav Malý ne fait ni plus ni moins que d’inviter les électeurs à bien réfléchir avant d’aller aux urnes. Il explique :
« Je n’invite pas les électeurs à donner leurs voix aux petits partis, car nous ne donnons jamais de conseils au sujet du vote, nous considérons les électeurs comme des personnes adultes. Mais en même temps nous voulons qu’ils prennent en considération les positions des partis et des hommes politiques vis-à-vis du problème de taille qu’est l’endettement de notre Etat ».
Jiří Paroubek, photo: CTK
Une grande partie de la scène politique a pourtant interprété le texte
de l’évêque Malý comme étant dirigé contre les deux grands partis,
le Parti civique démocrate (ODS) et le Parti social-démocrate (CSSD). La
chancellerie présidentielle l’a qualifié d’ingérence intolérable
dans la campagne électorale. Cet avis est partagé par le leader
social-démocrate, Jiří Paroubek, tandis que le chef de file de l’ODS
Petr Nečas a tout simplement rappelé que jamais auparavant, les Eglises
en République tchèque n’intervenaient dans les campagnes électorales.
Le président de la Conférence épiscopale Jan Graubner quant à lui a pris ses distances avec la lettre ouverte de Václav Malý soulignant qu’elle n’exprime pas la position de l’ensemble des évêques tchèques.







