Les Tchèques toujours en difficulté face à l’anglais

La langue de Shakespeare cause encore quelques problèmes aux élèves tchèques. Un récent test national conduit dans plusieurs écoles tchèques a mis en lumière ces difficultés : et si les élèves âgés d’environ 15 ans se sont légèrement améliorés, les résultats des élèves de 11 ans ont significativement baissé par rapport au dernier test, il y a quatre ans.

Photo illustrative: geralt / Pixabay, CC0Photo illustrative: geralt / Pixabay, CC0 On se souvient de Stanislav Řezáč, skieur de fond tchèque, qui s’était illustré en 2011 dans une interview au cours de laquelle il avait livré une très piètre performance en anglais, mâtiné d’allemand et de tchèque, et qui avait particulièrement amusé les internautes.

Les Tchèques parlent-ils aujourd’hui mieux que Stanislav Řezáč ? Pas si sûr, si l’on en croit les résultats de la dernière enquête de l’Inspection scolaire tchèque. Conduite sur l’ensemble du territoire et sur des enfants de 5e année, l’équivalent du CM2 en France, et des élèves de 9e, c’est-à-dire de quatrième au collège français, cette enquête révèle donc que si les plus jeunes progressent difficilement dans le maniement de l’anglais, les plus âgés eux, régressent.

Il ne s’agit pas non plus de s’alarmer car si le niveau n’est pas excellent, il n’est pas non plus catastrophique : lors du test national, la moitié des élèves de 5e année ont répondu correctement à au moins 80 % des questions ; chez les élèves de 9e, ils sont 42 % qui ont accomplis cette prouesse. Au final, le taux de réussite au test sur les deux années confondue se hisse à 70 %.

Tomáš Zatloukal, photo: Archives de MŠMT ČRTomáš Zatloukal, photo: Archives de MŠMT ČR Pour Tomáš Zatloukal, inspecteur des écoles, la priorité est donc de remotiver les élèves à l’apprentissage de la deuxième langue maternelle la plus répandue dans le monde. Il propose ainsi plusieurs pistes pour ce faire :

« Le facteur clef, c’est l’apport dans l’enseignement de locuteurs natifs de la langue. Ensuite, une autre cause est liée à l’organisation de voyages scolaires pour les élèves à l’étranger. Et ce ne sont pas seulement des séjours linguistiques, il peut s’agir d’excursions scolaires en géographie. »

Une fois loin des bancs de l’école, les Tchèques ont tout de même besoin de l’anglais. C’est ce que révèle une autre enquête, réalisée cette fois par l’agence TrackTest.eu en collaboration avec le portail de recherche d’emploi tchèque Profesia. L’enquête a eu lieu entre janvier 2015 et juin 2017 et a concerné quelque 30 000 demandeurs d’emplois. Ainsi, si les entreprises exigent souvent un niveau B2 en anglais, ce qui signifie être capable de communiquer couramment avec des natifs sur des sujets actuels, seuls 50 % des candidats tchèques remplissent cette condition. Zuzana Lincova du portail Profesia, commente :

« La langue la plus demandée reste l’anglais. Elle est mentionnée dans environ 36 % de toutes les offres d’emplois. Ensuite, après les connaissances en langue anglaise, on trouve des demandes pour l’allemand. »

Photoillustrative: Verbalist / Pixabay, CC0Photoillustrative: Verbalist / Pixabay, CC0 En comparaison et toujours selon l’enquête, les Tchèques parlent tout de même mieux anglais que leurs amis hongrois ; leurs voisins slovaques se débrouillent mieux qu’eux au demeurant.

Mis à part l’anglais, les tchèques font principalement le choix de l’allemand. Toutefois leurs performances dans la langue de Goethe ne sont pas meilleures : seuls 8 % de la population tchèque serait ainsi capables de bien converser en allemand.