Faits et événements Les Tchèques ont retrouvé leur Oskar Schindler

24-07-2008 16:29 | Alexis Rosenzweig

Jan Jelínek aura attendu d’avoir 96 ans pour recevoir des honneurs pour son courage pendant la guerre. Cette semaine, ce prêtre évangéliste qui a sauvé des dizaines de personnes a été décoré par le chef d’Etat-major Vlastimil Picek.

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Jan Jelínek, photo: CTKJan Jelínek, photo: CTK Jan Jelínek et sa femme Anna sont partis vivre en 1937 à Kupičov, en Volhynie, une ville à l’époque polonaise mais qui est aujourd’hui ukrainienne. Les époux Jelínek ont sauvé plus de quarante vies en tout, toutes nationalités et religions confondues :

« J’ai compté et il y en a eu plus que quarante. Le pire a été quand sont venus des membres de l’armée insurrectionnelle ukrainienne, parce que j’étais un peu comme le chef de la commune. Je devais calmer les tensions entre évangélistes et catholiques qui se haïssaient. Moi, j’accueillais tout le monde, les cachais pour la nuit ou pour plus longtemps, des Juifs, des Ukrainiens, des Polonais. Je ne faisais pas la différence, parce que j’aime beaucoup les gens. »

Jan Jelínek avec sa femme et Vlastimil Picek, photo: CTKJan Jelínek avec sa femme et Vlastimil Picek, photo: CTK En 1944, celui que la presse locale surnomme désormais le "Oskar Schindler tchèque" décide de rentrer et de s’engager dans l’armée tchécoslovaque. Il a reçu des médailles militaires mais ce n’est que récemment que le courage de Jan Jelínek a été révélé au public, plus de soixante ans après, grâce à un reportage diffusé par la télévision publique sur cet homme de foi :

« J’ai menti un peu... En tant que chrétien je ne devrais pas mentir, mais j’ai menti pour sauver des gens. Pour moi, dieu est tout, après vient ma patrie et mon honneur. Je peux désormais me présenter devant dieu, je n’ai jamais rien voulu de qui que ce soit, j’ai aidé ceux que j’ai pu aider. Et les étrangers qui sont venus chez moi sont repartis en étant mes amis. »

Jan Jelínek a échappé au pire pendant la guerre. Mais il n’a pas échappé au régime communiste, qui n’a jamais été tendre avec les prêtres. Condamné en 1958 à deux ans de prison pour avoir notamment critiqué la collectivisation de l’agriculture, il a dû exercer des professions ouvrières jusqu’à la Révolution de velours, avant de pouvoir prêcher à nouveau.

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