Faits et événements Les Tchèques désirent-ils plus de sécurité ?
Après les attentats terroristes sanglants de Madrid, la population tchèque devient bien consciente du fait que son pays n'est pas à l'abri d'actes semblables. Le quotidien Pravo publie les résultats d'un sondage éclair sur les questions de sécurité.
Les Tchèques sont-ils prêts à sacrifier une partie de leurs libertés sur
l'autel de la sécurité ? C'est sur cette question qu'était orienté le
sondage réalisé par l'agence STEM. Cinq jours, après les attentats de
Madrid, il s'est avéré que la majorité des personnes interrogées, plus de
61 %, étaient pour. Il apparaît, aussi, que 59 % de la population ont peur
des actes terroristes sur le territoire de la Tchéquie. Selon le directeur
de l'agence STEM, Jan Hartl, il ne faut pas comprendre les résultats du
sondage comme un appel des Tchèques à la constitution d'un Etat policier.
Il affirme que chacun pense que ce seraient les libertés des autres qui
seraient limitées et pas les siennes. La majorité de la population est
contre une plus grande liberté des services de police, en ce qui concerne
la mise sur écoute, alors que certains politiciens appellent justement à
de plus importants pouvoirs pour les services de renseignements : une
législation plus libre sur les écoutes téléphoniques ou la possibilité de
couper les réseaux des communications mobiles en cas de danger. Quelles
seraient donc les entraves à leur liberté que les citoyens tchèques
seraient prêts à accepter ? Ils seraient 79 % pour un plus grand nombre de
caméras de surveillances dans les rues. La majorité serait, aussi, pour
des contrôles plus rigoureux aux frontières, non seulement des étrangers,
mais aussi des ressortissants tchèques. Plus de la moitié serait contre le
contrôle sans permission d'un juge des comptes en banque, donc la levée du
secret bancaire. Les services de renseignements sont-ils capables de
prévoir, à l'avance, une éventuelle attaque terroriste ? Un cinquième des
personnes interrogées répond « oui » à cette question.
Les réactions des politiciens aux résultats de ce sondage ? Pour Jan Kasal, vice-président des chrétiens-démocrates, cela veut dire que les citoyens ne sont pas vraiment contre une plus grande sécurité en échange d'une perte d'une partie de leurs libertés individuelles. Il faut éviter, pourtant, que la Tchéquie se transforme en un Etat policier. Pour Petr Ibl, chef des députés sociaux-démocrates et vice-président de la Commission de la défense et de la sécurité, une plus grande participation des policiers ou de l'armée est acceptable, alors que la limitation des libertés individuelles non. Petr Necas, vice-président de la principale formation de l'opposition de droite, le Parti civique démocrate, affirme qu'il faut être prudent dans cette question, ne pas déclancher une crise d'hystérie au sein de la population. Du côté des communistes, on ne serait pas contre de plus importants pouvoirs aux forces de sécurité, mais seulement pour un certain temps. A noter que certaines mesures ont déjà été prises : à part les policiers et les soldats à l'aéroport ou autres, pour la première fois, la police des frontières contrôle rigoureusement les ressortissants des pays arabes.







