Faits et événements Les Tchèques cotiseront-ils 35 ans pour partir à la retraite à 65 ans ?
La réforme considérée indispensable du système de retraite prend des contours un peu plus nets. Le ministre du Travail et des Affaires sociales, Petr Necas, de l'ODS, principal parti de droite du pays, entend en effet présenter dans quelques jours son projet de réforme à une commission de représentants des cinq partis siégeant au Parlement. Une réforme planifiée en trois étapes qui, si elle était adoptée, aurait, entre autres, pour conséquence de repousser l'âge du départ à la retraite à 65 ans.
Selon la majorité des économistes et démographes, une réforme du système
de
retraite est nécessaire pour l'avenir de la République tchèque. Comme dans
de nombreux autres pays européens, la population vieillit et la part des
seniors augmente. Selon les estimations faites à Bruxelles, l'âge moyen
d'un habitant de l'Union européenne devrait atteindre 50 ans en 2050,
tandis que les personnes âgées de plus de 65 ans devraient représenter
plus de 25 % de la population dès 2030. La République tchèque, qui
présente un des taux de natalité les plus faibles au monde, ne fait, bien
entendu, pas exception à une tendance qui fait peser de graves menaces
économiques, notamment sur les pays d'Europe centrale et orientale. Petr
Necas estime ainsi qu'au rythme où vont les choses, la charge du système
de retraite pourrait représenter la moitié du produit intérieur brut de la
République tchèque en 2050, alors que 8,4 % du PIB sont actuellement
consacrés aux retraites. Pour près de deux millions de retraités, environ
9,7 milliards d'euros ont été versés en 2006, soit près d'un tiers des
recettes du budget public.
Le nouveau gouvernement a donc fait de la réforme une de ses priorités. Le
ministre du Travail et des Affaires sociales en a présenté le projet dont
la première étape prévoit notamment un recul progressif de l'âge du départ
à la retraite jusqu'à 65 ans en 2030 et le prolongement de la période
minimale obligatoire de cotisation de 25 à 35 ans. L'autre grand
changement devrait concerner les pensions d'invalidité, plus de 600 000
personnes en bénéficiant aujourd'hui pour un coût d'environ 1,5 milliard
d'euros cette année. Petr Necas entend à ce que le montant de la pension
d'invalidité dépende de trois degrés d'invalidité au lieu de deux
actuellement et que les gens ne touchent plus la même pension quelle que
soit leur invalidité. Quant aux retraités eux-mêmes, ceux qui désirent
travailler afin de compléter leurs revenus devraient pouvoir le faire sans
que le montant de leur pension diffère de celui des autres retraités
inactifs professionnellement. Enfin, le ministre estime indispensable de
créer un fonds spécial de réserve permettant de financer la réforme et
dans lequel devraient être reversés tous les revenus provenant des
privatisations. Il s'agit là des grandes lignes d'une première étape qui
devrait être débattue par la coalition gouvernementale en septembre, puis
présentée à la Chambre des députés en début d'année prochaine.







