Les premiers Tchèques en quête du titre de champions du monde de ballon à gaz

L’édition 2017 de la Coupe du monde de ballons à gaz, la Gordon Bennett, débutera ce vendredi en Suisse. Et pour la première fois de l’histoire, une équipe tchèque prendra part à cette prestigieuse compétition aéronautique à la tradition centenaire. Jan Smrčka et Aleš Vašíček, alias « Deux barbus en ballon », réaliseront ainsi leur grand rêve de voler sous le drapeau tchèque afin de promouvoir ce sport quasi inconnu dans leur pays d’origine.

Jan Smrčka et Aleš Vašíček, photo: Archives de Jan Smrčka et Aleš VašíčekJan Smrčka et Aleš Vašíček, photo: Archives de Jan Smrčka et Aleš Vašíček Surtout, ne confondez pas ballon à gaz et montgolfière. Tandis que l’enveloppe de cette dernière est gonflée d’air chaud, le ballon à gaz contient lui un gaz plus léger que l’air. Aujourd’hui, il ne reste plus qu’une quarantaine de ces ballons à gaz dans le monde. Ce faible nombre n’empêche pas leurs pilotes de se réunir chaque année dans le cadre de l’illustre Gordon Bennett, une compétition qui porte le nom de son fondateur, un homme de presse américain et mécène des sports automobiles et aériens. Fondée en 1906, la Gordon Bennett est la compétition aéronautique la plus ancienne dans le monde du ballon. Sa règle est simple : le vainqueur est celui qui parcourt la plus grande distance.

Cette année, vingt-deux équipages en provenance de treize pays prendront leur envol depuis l’aérodrome de la Gruyère. Parmi eux, les deux pilotes tchèques en activité. Tandis que Jan Smrčka a découvert le ballon il y a trente-trois ans de cela, Aleš Vašíček, journaliste, photographe et explorateur, n’a lui commencé que trente ans plus tard, après avoir rencontré son collègue plus expérimenté sur le tournage d’un reportage. Leur participation à la Gordon Bennett a été précédée de longs mois d’un entraînement intensif en Italie et en Allemagne, ainsi que par la recherche de sponsors. Le vol en ballon nécessite en effet un équipement de qualité, comme l’affirment Aleš et Jan :

Photo: Archives de Jan Smrčka et Aleš VašíčekPhoto: Archives de Jan Smrčka et Aleš Vašíček « Il faut avoir un transpondeur qui permet aux contrôleurs aériens de nous identifier. Nous devons aussi avoir des radios de communication pour pouvoir les contacter, différents systèmes de navigation, ou bien un téléphone satellite pour pouvoir contacter notre équipe de terre. Il faut penser aussi à beaucoup d’autres détails qui nous sont indispensables, comme par exemple une torche électrique. »

« En raison du manque d’oxygène, nous devons aussi être équipés d’un système d’oxygène. Nous avons des vêtements chauds puisqu’il gèle à une altitude d’environ 5 000 mètres et que nous ne pouvons pas trop bouger. Et nous devons aussi avoir de quoi manger… »

Tout au long de la compétition, qui s’étale sur plusieurs jours, les pilotes doivent veiller à ne pas heurter d’obstacle, qu’il s’agisse de lignes électriques, de pentes de montagne ou même d’avions. Jan Smrčka explique comment piloter un ballon à gaz :

Photo: Archives de Jan Smrčka et Aleš VašíčekPhoto: Archives de Jan Smrčka et Aleš Vašíček « Quand vous allégez le ballon, il monte en altitude, prend de la vitesse et tourne légèrement à droite. Et quand vous descendez, la vitesse diminue et le ballon se met à tourner à gauche. En appliquant ces règles, vous essayez de conduire le ballon dans la direction souhaitée. »

Pour l’équipe tchèque, la concurrence sera grande. Les favoris, parmi lesquels notamment les Suisses et les Français, parcourent en effet une distance de plus de 1 000 kilomètres. Le record de la compétition, qui remonte à 2005, est détenu par des Belges qui, depuis la ville américaine Albuquerque, ont parcouru quelque 3 400 kilomètres pour atterrir au Québec. Aleš Vašíček indique quelle est, selon lui, la clé du succès :

« C’est notamment l’expérience du pilote qui sait apprécier les conditions météorologiques et trouver le chemin qui permettra de voler le plus loin possible. »

Photo: Archives de Jan Smrčka et Aleš VašíčekPhoto: Archives de Jan Smrčka et Aleš Vašíček Partant de Suisse, les deux Tchèques pourraient-ils donc arriver jusque dans leur pays natal ? Jan Smrčka :

« Nous pouvons nous dire de voler dans la direction de la Tchéquie, mais nous pouvons ne pas réussir. Même si les conditions étaient favorables, nous devrions faire beaucoup d’efforts pour trouver la bonne direction. Vous ne savez jamais comment votre vol va finir, c’est une improvisation. Vous devez comprendre les lois de la nature et savoir agir en fonction d’elles. Quand vous respectez cela, vous êtes libre comme nulle part ailleurs. C’est ce qui me plaît sur les ballons. »

Le projet des « Deux barbus en ballon » ne s’arrête pas à leur participation à la Gordon Bennett. Le vol et les préparatifs pour la compétition feront l’objet d’un film documentaire préparé par les pilotes tchèques eux-mêmes.