Faits et événements Les péripéties de la restitution du château d'Opocno
Ce mardi, 10 avril, l'Etat tchèque a officiellement repris possession du château d'Opocno, en Bohême orientale. Cristine Colloredo-Mansfeld, héritière de ses derniers propriétaires, à laquelle le château avait été restitué, en 2003, devait le rendre conformément à un jugement annulant sa propriété. Son avocat est toutefois prêt à se pourvoir en appel à Strasbourg.
Le château d'Opocno
C'est la première fois, depuis 1989, qu'un château déjà restitué à ses
anciens propriétaires rentre en possession de l'Etat. Le château
Renaissance d'Opocno, l'un des plus visités du pays, a été restitué à
l'Etat ce mardi, après que le tribunal régional de Rychnov en ait décidé,
le 11 septembre dernier. Depuis plus de 10 ans, les héritiers du dernier
propriétaire du château, Josef Colloredo-Mansfeld, ont oeuvré en vue de
restituer les biens familiaux : collection de tableaux, d'armes et
mobilier comprenant environ 10 000 objets, d'une valeur évaluée à plus
d'un milliard de couronnes. Finalement, la comtesse Cristine
Colloredo-Mansfeld a pu les obtenir grâce à un amendement à la loi sur les
restitutions datant de l'an 2000 et permettant, entre autres, la
restitution des biens nationalisés, après 1945.
Cristine Colloredo-Mansfeld, photo: CTK
Le château d'Opocno a été confisqué par les nazis en 1942 et nationalisé,
en 1945, conformément aux Décrets du président Benes. La famille a alors
porté l'affaire en justice, mais après le putsch communiste de 1948, elle
a émigré en Autriche. Lors du procès ouvert en 2003, le tribunal n'a pas
réussi à prouver la version selon laquelle Josef Colloredo-Mansfeld avait
collaboré avec les nazis et perdu la nationalité tchèque. Version mise en
doute par l'Institut national de protection du patrimoine qui, suspectant
le comportement de la famille pendant la guerre, s'est opposé, dès le
début, à cette restitution.
Etonnée qu'une chose pareille puisse se passer dans une démocratie, Cristine Colloredo-Mansfeld respecte toutefois le jugement prononcé par le tribunal régional de Rychnov : elle a quitté le château dans lequel sont restées les collections familiales, avec la conviction de pouvoir y retourner. Son avocat a laissé entendre que le procès continuerait devant la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg.








