Les migrations au cœur de la 7e édition du festival de la culture orientale

Du 5 au 21 novembre, les villes de Prague, Brno, Plzeň et Hradec Králové accueillent la 7e édition du festival de la culture orientale, « Un croissant de lune au-dessus de Prague. Derrière ce projet visant à faire découvrir davantage les cultures du bassin méditerranéen, et du Proche et Moyen-Orient, Lucie Němečková qui œuvre à sa façon pour davantage de tolérance et de découvertes mutuelles entre Orient et Occident. Cette année, le festival s’articule autour d’un thème brûlant de l’actualité : les migrations. Radio Prague s’est entretenue avec Lucie Němečková, l’organisatrice du festival :

Lucie Němečková, photo: ČTLucie Němečková, photo: ČT « En fait, nous avions déjà choisi ce thème il y a deux ans. Nous réfléchissions sur ce dont nous voulions parler après les divers problèmes politiques dans la région de l’année dernière. Nous avons choisi ce thème qui est évidemment devenu d’actualité. Cette année, c’est un peu spécial parce que quand on parler des migrations, on parle de l’aspect politique, sociologique, religieux, économique, mais on ne parle pas de l’aspect culturel. Il a été dit pas mal de bêtises sur ce thème, c’est pourquoi on a décidé de réagir. On a voulu inviter des gens qui ont beaucoup de choses à dire à ce sujet, qui ont une expérience propre et n’inventent pas des choses sur ces problèmes qui sont graves et qui nous touchent. »

Comme d’habitude, vous accordez une grande place au théâtre dans ce festival…

 « On aborde ce thème des migrations surtout par le biais du théâtre, mais aussi la littérature, la musique, les débats, les rencontres simples entre les gens. Mais c’est vrai que le théâtre est au centre de notre intérêt. Ce sont pour la plupart des premières : on commence au théâtre Na prádle, le jeudi 5 novembre avec la première d’une pièce jouée par des étudiants de la langue et de la culture arabe. Ils ont choisi cette fois le texte d’un auteur soudanais. L’histoire est celle d’un garçon qui a été éduqué et a étudié à Londres et qui revient dans son village natal. Elle s’intéresse aux deux cultures qui cohabitent en lui. »

Vous avez beaucoup d’invités cette année aussi. On ne va pas tous les nommer, mais je citerais notamment le journaliste algérien Yahia Belaskri.

Yahia Belaskri, photo: Site officiel du festival Nad Prahou půlměsícYahia Belaskri, photo: Site officiel du festival Nad Prahou půlměsíc « Cette année, on invite en effet Yahia Belaskri. Il est né à Oran et vit depuis longtemps en France. Il est journaliste mais aussi écrivain. Son roman Les fils du jour est finaliste du Prix des cinq continents de la francophonie qui sera décerné le 22 novembre à Bamako. Il faut dire que ce journaliste a consacré sa vie au problème de l’immigration, du rapport entre la France et l’Algérie. Il a donc beaucoup de choses à partager sur ce sujet. »

Cette année, vous faites un focus particulier sur la Syrie, dont on parle beaucoup puisqu’elle est toujours en proie à une guerre interminable…

Charif Bahbouh, photo: ČTCharif Bahbouh, photo: ČT « Parmi mes collaborateurs, il y a beaucoup de Syriens qui vivent en Tchéquie. Parmi eux, l’éditeur et poète Charif Bahbouh ou Marwan al Suleiman qui est poète, pédagogue et musicien. Ils vont venir jouer, parler, cuisiner pendant cet après-midi et soirée au théâtre Na zábradlí, à Prague. »

Vous qui organisez deux festivals, un consacré à l’Afrique, l’autre à la culture orientale, quel est votre regard sur l’actuelle crise migratoire et sur la façon dont on la perçoit en République tchèque ?

 « Moi je pense qu’il faut d’abord voir les gens. Pour moi, ce ne sont pas des migrants, des clandestins. Je vois les gens derrière ces termes. Il faut voir que nous aussi avons été dans la même situation qu’eux il y a quelques années. Une situation dans laquelle tout un chacun peut se retrouver très facilement. Je ne dis pas que les échanges entre les cultures et les gens sont uniquement source de joie. Evidemment il y a beaucoup de problèmes à résoudre, mais il faut les régler avec en tête l’idée de l’humanisme, et pas avec des préjugés et des clichés teintés de racisme et de xénophobie. »

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