Faits et événements Les élèves tchèques à Paris ont joué du tambour pour « briser le silence »

18-10-2016 12:48 | Magdalena Hrozínková

Paris, Londres, Zurich, Genève, Munich, Dublin, mais aussi Le Caire, Sydney ou New York… Grâce aux Ecoles sans frontières, le tchèque est aujourd’hui enseigné dans une centaine de lieux à travers le monde. Depuis 2003, ces écoles enseignent la langue, la littérature et l’histoire-géographie tchèques en complément d’une école primaire et secondaire que les enfants d’origine tchèque, souvent issus de familles mixtes, fréquentent à l’étranger. En marge de cela, elles élargissent leurs activités à travers différents projets organisés en République tchèque. Ainsi, l’école tchèque de Paris s’est jointe samedi dernier à la manifestation intitulée « Bubnování pro Bubny ».

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'Bubnování pro Bubny', photo: ČTK'Bubnování pro Bubny', photo: ČTK Ce week-end, à Prague, plusieurs centaines de personnes ont tapé sur 500 tambours devant l'ancienne gare ferroviaire de Prague-Bubny (« bubny » signifie « tambours » en tchèque), lieu de l'embarquement entre 1941 et 1945 d'environ 45 000 Juifs tchèques déportés vers des camps de concentration nazis. L’objectif de l’événement était de commémorer les victimes de la Shoah, mais aussi de briser le silence et mettre en garde contre de nouvelles violences. Une manifestation similaire avait été organisée un jour plus tôt au Centre tchèque de Paris, en présence de plusieurs dizaines d’élèves de l’Ecole tchèque sans frontières et de leurs parents. Lucie Slavíková-Boucher, fondatrice de cette première école tchèque à Paris explique :

« Nous essayons de recenser, en République tchèque, des activités au potentiel international qui peuvent être intéressantes pour nous écoles tchèques à l’étranger. Nous leur proposons ces activités auxquelles elles peuvent se joindre. Cela élargit les horizons des enfants : du coup, il ne s’agit pas que de la langue, de la littérature ou de l’histoire-géographie, mais cela les met en relation avec quelque chose qui se passe actuellement en République tchèque. Ils peuvent vibrer avec la même chose que la société ici. De telles activités sont importantes aussi pour les parents : lorsque que l’on vit à l’étranger, la vie quotidienne fait que l’on se déconnecte forcément de l’actualité de son pays, même si on continue à l’aimer et à rendre visite à sa famille. D’où l’utilité des projets comme celui-ci qui renouvellent le lien avec son pays d’origine. »

Les Ecoles tchèques sans frontières sont actuellement fréquentées par environ 3 000 élèves. Les enfants âgés de 18 mois à 15 ans se rencontrent une ou plusieurs fois par semaine, surtout les week-ends, pour des cours et d’autres activités assurés par des bénévoles érudits. Lucie Slavíková-Boucher explique comment cet enseignement a évolué ces dernières années :

Photo: Site officiel des Ecoles tchèques sans frontièresPhoto: Site officiel des Ecoles tchèques sans frontières « Certaines écoles ont signé le contrat avec le ministère tchèque de l’Education nationale et peuvent alors délivrer un certificat valable sans aucun examen supplémentaire en République tchèque. Pour nos élèves, cela représente une grande importance, car ce certificat les maintient dans le système tchèque avec un niveau de connaissances comparable à celui acquis dans des écoles en République tchèque. L’autre changement consiste en une professionnalisation du réseau : les écoles prêtent plus d’attention à la formation des enseignants ou alors elles essayent de les former elles-mêmes. Par conséquent, la qualité de l’enseignement s’améliore. Je pense que le réseau va progressivement s’élargir, c’est une structure flexible, mobile. S’il y a une communauté de Tchèque qui se crée quelque part, ou, peu importe, s’il y a une seule personne intéressée par le projet, elle peut fonder une Ecole sans frontières. »

Photo: Site officiel des Ecoles tchèques sans frontièresPhoto: Site officiel des Ecoles tchèques sans frontières « En France, le réseau des écoles tchèques est en train de se développer. Nos enseignants en France se sont rencontrés à l’automne 2015, à l’occasion d’une première conférence des écoles tchèques en France. L’enseignement du tchèque existe, ou est actuellement mis en place, dans cinq villes, en dehors de Paris : à Lilles, Lyon, Nantes, Aix-en-Provence et Dijon, où une école tchèque a ouvert au mois de septembre. »

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