Faits et événements Les drogues à Prague : quelle évolution ?
Depuis 2004, la municipalité de Prague organise des forums sur la drogue. Ils réunissent des spécialistes en toxicomanie, des travailleurs sociaux, des pédagogues ainsi que des représentants politiques, des journalistes et des sponsors. Ces rencontres dressent à chaque fois un état des lieux de la toxicomanie dans la capitale tchèque. Les nouvelles tendances dans le traitement et dans la lutte contre la toxicomanie ont également été au menu du dernier Forum pragois qui s'est tenu les 18 et 19 avril.
5 000 personnes - tel serait, d'après les dernières évaluations, le nombre
de toxicomanes à Prague. Un nombre très approximatif, selon les
professionnels, car il ne reflète ni la nature de cette dépendance, ni le
nombre d'usagers de drogues qui n'ont été repérés par aucun service
spécial.
« Si ce compte est juste - et le rapport annuel que nous préparons nous le dira - ce serait une évaluation plutôt positive. Cela signifierait que le nombre de personnes classées comme dépendantes a baissé, » dit la coordinatrice du plan d'action anti-drogue de la ville de Prague, Nina Janyskova.
Prague possède un vaste réseau de structures de prévention et de services
de soins pour toxicomanes, adaptés à tout niveau de dépendance. Mais,
comme le souligne la coordinatrice, « ces services ne peuvent être
efficaces qu'à condition que l'on connaisse parfaitement le milieu de la
drogue, que l'on soit en contact avec les toxicomanes ». Ainsi, environ un
million et demi de seringues stériles ont été distribuées, l'année
dernière, aux consommateurs de drogues dans la capitale. La drogue la plus
consommée à Prague serait le Subutex, un produit de substitution, devant
l'héroïne et la pervitine. Les usagers de drogues se recrutent de plus en
plus fréquemment parmi les immigrés de l'ex-URSS, qui seront d'ailleurs au
coeur d'une campagne de prévention spéciale, préparée par les autorités.
Quelles sont les autres spécificités de la toxicomanie à Prague ? Nina
Janyskova :
« Le nombre de toxicomanes atteints par le VIH est ici assez bas, comparé aux autres grandes villes européennes. Ce qui est très négatif, de mon point de vue, c'est la consommation massive de l'alcool en Tchéquie - une drogue légale mais que je considère comme extrêmement dangereuse. De même, l'usage du cannabis est chez nous très répandu, notamment chez les adolescents de 16 ans. »
A Prague, un nouveau centre de soins pour toxicomanes sera ouvert à Smichov, quartier devenu un « espace festif » et où les services d'assistance faisaient défaut, jusqu'à présent.





