Faits et événements Les comédiens et cinéastes fulminent contre l'augmentation de la TVA
La coalition gouvernementale prévoit d'augmenter, dès le 1er mai prochain, le taux de TVA sur la culture de 5% à 19%. La communauté culturelle tchèque est prise de panique. Acteurs, directeurs de théâtres et cinéastes, tous ont manifesté leur vive inquiétude jeudi, lors d'une conférence de presse, en présence du ministre de la Culture.
Le ministre tchèque de la Culture, Pavel Dostal, Jirina Jiraskova et Jan Hrusinsky, photo: CTK
"Nous vous prions, Mesdames et Messieurs les députés, de ne pas
liquider la culture tchèque", écrivent les hommes de théâtre et de
cinéma dans une déclaration publiée à l'issue de la conférence et adressée
aux autorités.
L'application du nouveau taux de TVA sur les manifestations culturelles, qui n'est d'ailleurs pas exigée par l'Union européenne, entraînera, évidemment, une augmentation du prix des billets de cinéma et de théâtre et peut-être aussi une baisse de fréquentation. La chambre de cinéma tchèque craint la fermeture de petites salles et la faillite de distributeurs et de producteurs tchèques. Dommage pour un pays qui peut se vanter de quatre nominations aux Oscars ces douze dernières années, constatent avec amertume les cinéastes.
D'une voix remplie d'émotion, peu surprenante chez des esprits artistiques, les propriétaires de scènes privées fulminent : ils seront victimes de l'augmentation de la TVA à la différence des théâtres financés par l'Etat ou par les communes. "Il nous manquera, dans notre budget, 3 millions de couronnes", tempête Tomas Töpfer. "Cette mesure aura un impact sur la qualité du répertoire. Comment jouer à guichets fermés sans se plier au goût du grand public ?" s'inquiète Jan Hrusinsky. "Avec environ 300 couronnes (10 euros) par billet, nous sommes déjà au-dessus de la moyenne. Les prix ne peuvent plus grimper", ajoute Karel Hermanek. Tous les trois sont comédiens réputés et dirigent leurs propres théâtres à Prague, théâtres qui pourraient être donc menacés de fermeture, alors qu'ils se portent, jusqu'à présent, très bien.
Tomas Töpfer, photo: CTK
Le ministre tchèque de la Culture, Pavel Dostal, est prêt à s'opposer, à
la Chambre des députés, à ce nouveau système de financement de la culture.
Il s'est expliqué on ne peut plus clairement :
"L'augmentation de la TVA est un non-sens. Si les prix s'envolaient, mais que malgré cela le public était toujours aussi nombreux à se rendre dans les théâtres privés et dans les cinémas, scénario vraiment idéaliste, cela apporterait au budget de l'Etat quelque 250 millions de couronnes (environ 8 millions d'euros). Ça n'aiderait vraiment en rien."
D'après Pavel Dostal, rien n'est encore perdu et les négociations avec le cabinet sont toujours possibles. Car, comme a dit le comédien Tomas Töpfer déjà cité, si les Tchèques peuvent séduire l'Europe, ce n'est ni avec des ordinateurs, ni avec des avions supersoniques, mais, justement, avec leur art.







